Apocryphes. 439
où il avait vu cette belle femme, qui pourtant étaitune vieille ; mais fa vieillesse était fraîche; 8c elle n’était 'vieille que parce qu’elle avait été créée dès le com-mencement du monde, 8c que le monde avait été faitpour elle.
Le livre des préceptes contient moins d’allégories ;mais celui des similitudes en contient beaucoup.
Un jour que je jeûnais, dit Hermas , 8c que j’étaisassis fur une colline, rendant grâces à Dieu -de toutce qu’il avait fait pour moi , un berger vint s’asseoirà mes côtés, 8c me dit : Pourquoi êtes-vous venu icide si bon matin ? C’est que je fuis en station, luirépondis-je. Qu’est-ce qu’une station? me dit le berger.C’est un jeûne. Et qu’est-ce que ce jeûne ? C’est macoutume. Allez, me répliqua le berger, vous ne savezce que ces que de jeune r , cela nesait aucun profit à Dieu ;je vous apprendrai ce que c es que le vrai jeûne agréable àla Divinité. (p ) Votre jeûne n a rien de commun avec lajusice ò la vertu. Sei~uei Dieu d'un cœur pur ; gardezses commandemens ; n admettez dans votre cœur aucun désircoupable. Si vous avez toujours la crainte de Dieu devantles yeux , fi vous vous assenez de tout mal , ce sera-là levrai jeûne , le grand jeûne dont Dieu vous saura gré.
Cette piété philosophique 8c sublime est un desplus singuliers monumens du premier siècle. Mais cequi est assez étrange, c’est qu’à la fin des similitudes leberger lui donne des filles très - affables, valdè assainies,chastes 8c industrieuses pour avoir foin de fa maison ;8c lui déclare qu’il ne peut accomplir les comman-demens de Dieu fans ces filles qui figurent visiblementles vertus.
(/>) Similil. 5 e , Uvre III.
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