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2 (1813) Pièces sous le gouvernement impérial, commençant le 15 mai, 1804 jusqu'à la fin de l'année 1806 / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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11 a une conférence avec un affidé dont parle la lettre in-atructive numérotée 18f>.

Elle est du 16 Floréal, an 4.

Ladresse est à une tierce personne; mais elle est réelle-ment pour le ci-devant Prince de Condé, pour Klinglin etWickham. Réjouissez-vous, dit-il; enfin Pichegru nous estrendu, plus aimable et surtout plus savant que jamais. Jaipris le parti de lui faire remettre hier adroitement une lettrepar mon gendarme ; un oui ma indiqué le rendez-vous pource malin, et jai eu la vive satisfaction de lembrasser. Notreconférence a été de trois heures : on a beaucoup à dire quandon aime; et quoique nos affûtes de Paris ne soient pas aupoint Pichegru et nous tous leussions désiré pour les in-térêts du Prétendant, vous nen admirerez pas moins les vasteset sages calculs de Pichegru qui, maintenant, ma ample-ment communiqué son plan, et qui a décidément fixé lesopérations à entamer.

Jai obtenu de Pichegru , vu la haute conséquence de lachose et lextrême responsabilité qui pèse sur mes écrits lapromesse de rédiger allégoriquement la substance de ce quilma dit. Peut-être aussi aurai je un tout petit mot de sa main,ce que je souhaite bien, en attendant je vais rendre compte dece que Pichegru ma dit.

A sou arrivée à Paris , le Directoire lui écrit, comptant, tirerde lui une réponse à publier, pour montrer quil avait sa con-fiance. Pichegru , au bout de huit jours seulement, réponditdune si singulière manière, que cet écrit ne fut pas ostensi-ble; le Directoire en fut piqué, et montra son déplaisir àPichegru , qui, loin de sintimider prit un ton qui lui en im-posa. En général, tous les gouvernans le craignent, parcequil a tout Paris bons ou mauvais pour partisans. Pichegru pendant son séjour, sest appliqué à connaître à fond, lespritpublic: il y est parvenu ; mais il avoue quil ne sattendait pasà le trouver si erroné. Généralement tout ce qui nest pasjacobin demande le gouvernement dun seul. Les grosses têtesmême et le Directoire en voient le besoin et le désirent; maison est bien divisé sur le choix à faire: la très-grande pluralité(ce qui étonne Pichegru ) est pour JOrléans ; Carnot du di-rectoire même, en est le plus zélé partisan. La mèredOrléans qui est à Paris , et que Pichegru a refusé de voir, aPair de sy refuser disant que sou fils serait assassiné le lende-main de sa promotion ; enfin, les gens semés que Pichegru avus en grand nombre, conviennent tous, quil y aurait uneguerre civile interminable si d'Orléans ou le Grand Bourgeois(le Prétendant) étaient dabord installés: elle ajoute aussi,quil est plus quévident pour elle, que le sang coulerait plusfort que jamais, si ce dernier (le Prétendant) rentrait sanspalliatifs et avec lintention prononcée de se remettre commeil était. Pichegru assure quil faut au Prétendant la plushaute philosophie pour ne pas heurter les opinions dun siècle