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2 (1813) Pièces sous le gouvernement impérial, commençant le 15 mai, 1804 jusqu'à la fin de l'année 1806 / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Elle avait des torts envers la Russie , qui ne peut oublierlinexécution du traité de Potsdam , et la conclusion subsé-quente du traité de Vienne.

Ses torts envers lempereur dAllemagne et le corps géramanique, plus nombreux et plus anciens, ont été connustous les tems. Elle se tint toujours en opposition avec ladiète. Quand le Corps germanique était en guerre, elle étaiten paix avec ses ennemis. Jamais ses traités avec lAutriché ne recevaient dexécution, et sa constante étude était dexciterles puissances au combat, atin de pouvoir, au moment de lapaix, venir recueillir les fruits de son adresse et de leurs succès.

Ceux qui supposeraient que tant de versatilité tient à undéfaut de moralité de la part du prince, seraient dans unegrande erreur. Depuis quinze ans la cour de Berlin est unearène les partis se combattent et triomphent tour-à-tour)lun veut la guerre, et lautre veut la paix. Le moindre événe-ment politique, le plus léger incident donne lavantage à lunou à lautre, et le roi, au milieu de ce mouvement des passionsopposées, au sein de ce dédale dintrigues, flotte incertain,sans cesser un moment dêtre honnête homme.

Le 11 Août un courier de M. le marquis de Lucchesiniarriva à Berlin , et y porta, dans les termes les plus positifs,lassurance de ces prétendues dispositions par lesquelles laFrance et la Russie seraient convenues par le traité du 20Juillet, de rétablir le royaume de Pologne, et denlever laSilésie à la Prusse. Les partisans de la guerre senflammèrentaussi-tôt, ils tirent violence aux sentimens personnels du roi40 couriers partirent dans une seule nuit, et lon courut auxarmes.

La nouvelle de cette explosion soudaine parvint à Paris , le

20 du même mois. On plaignit un allié si cruellementabnse ion lui donna sur-le-champ des explications, des assurancesprécises; et comme une erreur manifeste était le seul motifde ces arméniens imprévus, on espéra que la réflexion calme-rait une effervescence aussi peu motivée.

Cependant, le traité signé à Paris , ne fut pas ratifié à St.

Pétersbourg, et des renseignemens de soute espèce ne tardèrent

pas à faire connaître à la Prusse, que M. le marquis de Luc-chesini avait puisé ses renseignemens dans les réunions lesplus suspectes de la capitale, et parmi les hommes d'intiig lHqui composaient sa société habituelle. Eu conséquence i 1 Mrappelé; on annonea (jour lui succéder, M. le baron deKnobelsdorfl, iiomine d'un caractère plein de droiture et defranchise, et tiune moralité parfaite. Cet envoyé extruoroi'naire arriva bientôt à Paiis, porteur dune lettre du roi dePrusse, datée du 23 Août. ,

Cette lettre était remplie dexpressions obligeantes et edéclarations pacifiques, et lempereur y répondit dune ® anière franche et rassurante,