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Elle avait des torts envers la Russie , qui ne peut oublierl’inexécution du traité de Potsdam , et la conclusion subsé-quente du traité de Vienne.
Ses torts envers l’empereur d’Allemagne et le corps géramanique, plus nombreux et plus anciens, ont été connus détous les tems. Elle se tint toujours en opposition avec ladiète. Quand le Corps germanique était en guerre, elle étaiten paix avec ses ennemis. Jamais ses traités avec l’Autriché ne recevaient d’exécution, et sa constante étude était d’exciterles puissances au combat, atin de pouvoir, au moment de lapaix, venir recueillir les fruits de son adresse et de leurs succès.
Ceux qui supposeraient que tant de versatilité tient à undéfaut de moralité de la part du prince, seraient dans unegrande erreur. Depuis quinze ans la cour de Berlin est unearène où les partis se combattent et triomphent tour-à-tour)l’un veut la guerre, et l’autre veut la paix. Le moindre événe-ment politique, le plus léger incident donne l’avantage à l’unou à l’autre, et le roi, au milieu de ce mouvement des passionsopposées, au sein de ce dédale d’intrigues, flotte incertain,sans cesser un moment d’être honnête homme.
Le 11 Août un courier de M. le marquis de Lucchesiniarriva à Berlin , et y porta, dans les termes les plus positifs,l’assurance de ces prétendues dispositions par lesquelles laFrance et la Russie seraient convenues par le traité du 20Juillet, de rétablir le royaume de Pologne, et d’enlever laSilésie à la Prusse. Les partisans de la guerre s’enflammèrentaussi-tôt, ils tirent violence aux sentimens personnels du roi40 couriers partirent dans une seule nuit, et l’on courut auxarmes.
La nouvelle de cette explosion soudaine parvint à Paris , le
20 du même mois. On plaignit un allié si cruellementabnse ion lui donna sur-le-champ des explications, des assurancesprécises; et comme une erreur manifeste était le seul motifde ces arméniens imprévus, on espéra que la réflexion calme-rait une effervescence aussi peu motivée.
Cependant, le traité signé à Paris , ne fut pas ratifié à St.
Pétersbourg, et des renseignemens de soute espèce ne tardèrent
pas à faire connaître à la Prusse, que M. le marquis de Luc-chesini avait puisé ses renseignemens dans les réunions lesplus suspectes de la capitale, et parmi les hommes d'intiig‘ lHqui composaient sa société habituelle. Eu conséquence i 1 Mrappelé; on annonea (jour lui succéder, M. le baron deKnobelsdorfl’, iiomine d'un caractère plein de droiture et defranchise, et ti’une moralité parfaite. Cet envoyé extruoroi'naire arriva bientôt à Paiis, porteur d’une lettre du roi dePrusse, datée du 23 Août. ,
Cette lettre était remplie d’expressions obligeantes et edéclarations pacifiques, et l’empereur y répondit d’une ® anière franche et rassurante,