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sommes jamais trouvés. On ne doit jamais se flatter d’impo-ser à la France ni des conditions de paix, ni un mode de né-gociation contraire aux usages. L’exigence sur l’un ou l’au-tre de ces points affecte également le caractère français , et jene crains pas de dire que, pour triompher à cet égard detoutes nos répugnances, ce ne serait pas trop qu’une arméeanglaise eût envahi la Belgique et fût à la veille de pénétreren Picardie par les débouchés de la Somme .
Je dois encore vous répéter, Monsieur, que dans la vérité,S. M. désire la paix, et pourquoi n’ajouterais-je pas ce quenous avons pu dire, ce que nous avons réellement dit à toutesles époques où les négociations ont été rompues ; que la pro-longation de la guerre n’a jamais été préjudiciable à la gran-deur française, et qu’en tems de paix un grand état ne peutfaire usage de ses forces que pour se maintenir et pour conser-ver telles qu’elles sont ses relationsavec ses voisins.
La France ne vous conteste pas le droit de choisir et de con-server vos amis ; duns la guerre, elle n’a pas le choix de sesennemis, et il faut bien qu elle les combatte unis ou sépaiés,selon qu’il leur convient de se- concerter pour accomplir leursvues d’aggression et de résistance, et de former des alliances sipeu conformes à la véritable politique de leur pays, que In pre-mière clause de ces alliances a toujours été de les tenir se-crètes.
Parce que nous voulons suivre dans cette circonstance laforme de négociation qui a été en usage dans tous les teins etdans tous les pays, vous en concluez que nous 11 e vouions pasque vous ayez ries liaisons sur le Continent. Je ne pense pasque nous ayons jamais donné lieu à une telle induction. 11 nedépend pasdenous d’empêcher aucun gouvernement de se lieravec vous, et nous ne pouvons voulotr ni ce qui est injuste uice qui est absurde ; mais autre chose est que vous formiez desliaisons à votre choix, et autre chose que nous y concourrionset que nous vous aidions à les contracter. Or, consentir àtraiter sur les principes de vos alliances et les admettre dans ladiscussion des intérêts directs et immédiats qui nous divisent»
c’est plus que les souffrir et les reconnaître, c’est en quelque
■sorte les consacrer, les cimenter et les garantir. Je vous l’aidéjà observé, Monsieur, nous ne pouvons céder sur ce pointparceque le principe est pour nous.
Toutefois, pour ne laisser lieu désormais à aucun mal-en-J en du, je crois de mon devoir de vous proposer, 1°. de négocierdans les mêmes formes préliminaires qui furent adoptées sousle ministère de M. le marquis de Roekingham en 1782, formesqm ne turent pas si heureusement renouvelées pour les négo-ciations de Lille , mais qui eurent un plein succès dans la né-gociation qui précéda le traité d’Amiens ; 2°. d’établir pour«oses deux principes fondamentaux; le premier que je tirede votre lettre du 26 Mars; savoir, “ que les deux états auronty Y Vf Y Y 2