923
râbles, et ne portant aucune atteinte à la puissance réelle, àla dignité des deux empires, et qu’on ne verra plus repro-duire les propositions étranges que >1. de Novoziltzoff avait euà faire de lu part de la Russie , et qui, ayant signalé l’origined’une coalition vaincue et confondue dès sa naissance, doiventêtre oubliées avec elle. Il est des propositions qui n’étant quele résultat d’une aveugle confiance et d’une espèce d’enivre-meut,'et n’étant fondées ni sur la force réelle des états, ni surleur situation géographique, sont privées de tout caractèrepacifique, et portent avec elles leur réprobation.
La France ne doit abandonner ni les intérêts de l’empire ottoman , ni une position qui la mette à portée de soutenircet empire contre les aggressions dont la Russie le menaceouvertement; mais tous ces objets destinés à entrer dans lesdispositions du traité, devant être réservés pour la discussion,le soussigné ne cherchera pas à anticiper sur les résultats qu’elledoit avoir.
Si depuis les changemens survenus dans le cabinet de S.M.britannique, on continue en Angleterre à vouloit la paix, lapaix peut se faire et se faire promptement. L’empereur nes’arrêtera point à quelques sacrifices pour l’accélérer et larendre durable ; mais si les dispositions pour la paix avaientchangé à Londres , si les vues sages et libérales, développéesdans les premières communications qui ont eu lieu avec l’il-lustre ministre que regrettent les deux nations, ne prévalaientplus, une discussion vague, des prétentions immodérées et despropositions ambiguës s’écartant du ton de franchise et denoblesse nécessaire pour conduire à un rapprochement véri-table ne feraient qu’aigrir davantage, et seraient indignes desdeux peuples.
La France ne prétend donner la loi ni à la Russie ni àl’Angleterre; mais elle ne veut la recevoir ni de l’Angleterreni de la Russie , Que les conditions soient égales, justes,modérées, la paix est faite; mais si l’on se montre impérieux,exagéré, si on affecte la suprématie, si enfin on veut dicter lapaix, l’empereur et le peuple français ne relèveront pas memeces propositions. Confians en eux-mêmes, ils diront ce qu unancien peuple répondit à ses ennemis : “ Vous demandez nosarmes, venea les prendre.”
Le soussigné a l’honneur de renouveler, etç.
"(Signé) Ch. M. Talt-eyiiand,
prince de Bénévent.