*S ANTIQUITÉ
puis en vante l’artifice , & dit que nous n’avons pas eu assez
d’esprit pour les pousser jusqu’à l’alphabet.
Finissons cet article, en avertissant ceux qui lisent nos livres dene pas se méprendre à la vraie signification des deux mots Kou-ouen ( anciens caractères ), qu’on trouve souvent dans nos Histo-riens. Leur signification varie selon le siecle où l’on en fait usage& le temps dont on parle. Le Kou-ouen des Tang, par exem-ple , est souvent la maniéré dont on ecrivoit les caractères fousla Dynastie des Han, maniéré vieillie alors & passée de mode;& le Kou-ouen des Scng, celle de la Dynastie des Tang, &c.Cette petite observation est essentielle pour suivre l’Histoire denos caractères & de nos King.
II. De la naissance & du progrès des Sciences cheq les Chinois ,
2°. A en croire ceux qui croient à Fou-hi, Chin-nong, Hoang-ri, &c. la Chine auroit eu des livres long-temps avant Yao , ilsvont mêrne jusqu’à les nommer; mais comme aucun de ceslivres n’existe, & qu’on n’a que des preuves fort équivoques dal’authenticité des écrits d’avant l’incendie des King qui en fontmention , ce sentiment est resté sans défenseurs. Les annales desHan, disent simplement, IIy avoit long-temps qu on avoìt com-mencé à ecriredes livres , lorsque Conjucius fit ses extraits. VoyezHan-chou-y-ouen. Selon celle des Soui, On a commencé àecrire deslivres , lorsque les caractères ont été inventés. Voyez Soui-kin-tsia-tchi. Ces phrases & plusieurs autres semblables que nous pour-rions citer, font bien vagues & n’articulent rien; mais on en estréduit-là quand les Mémoires manquent. Nous-mêmes en disantplus haut que les premiers Chapitres du Chou king avoient étéécrits au plus tard fous le régné de Yu, quoique nous n ayonsallégué que la tradition commune & des convenances, nouscroyons devoir avertir qu’on ne peut en donner aucune preuvç