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corrompre les mœurs , d’aigrir les esprits, d’eteínàre le flam-beau des sciences, d’enhardir aux forfaits, à l’oppreffion , àla révolte, & précipitèrent enfin tout l’Empire dans les derniersmalheurs.
: Tsin-chi-hoang, R.oi du Royaume de Tsin, ayant augmentéses Etats de six Royaumes, méprisa les Empereurs, détruisit laDynastie des Tcheou, & eleva son Trône sur les débris san-glans de tous ceux qu’il avoir renversés. De là, donnant la loià toute la Chine en vainqueur, en tyran & en grand politique,il changea la constitution du Gouvernement, anéantit tous lesEtats feudataires, & ne voulut plus que ses Officiers entre lesPeuples & lui. Pour se faire des défenseurs de ses complices ,il laissa en patrimoine les terres qu’on avoir prises, donna lesautres, occupa à des travaux pénibles les colons dépouillés, &consomma par l’oppreffion les injustices criantes qui les avoîentchangés en vils manœuvres & en esclaves. Ce préambule estessentiel pour comprendre que ses préférences pour la Doctrinedes Tao-sée, & sa haine contre celle des Lettrés tenoient à fapolitique, & en etoient les suites nécessaires. Car la Doctrinedes Tao-fée , en remontant avant Yao, & en mettant Lao-tséesur le Trône, sous le nom de Hoang-ti, dont il prétendoit des-cendre, autorisoit ses usurpations, ou du moins les coloroit auxyeux de la multitude. Celle des Lettrés au contraire l’accabloitde l’autorité des King , réclamoit les droits des Princes dépouil-lés de leurs Etats, & revendiquent la communauté des terresdont la suppression rempliffoit l’Empire de malheureux.
La dissimulation & le silence de Tsin-chi-hoang, firent croireaux Lettrés qu’il les craignoit. Us eleverent la voix pour arrêterses entreprises sacrilèges contre la Religion , & en fou-droyant, avec les King, les divinités ridicules , à qui fa folie luifaifoit demander l’immortalité , ils protestoient contre ses usur-pations & fa tyrannie. Ly-fée son Ministre, qui avoit cru parer