SUR DIVERS OBJETS. 305
millions deux mille six cens íbixante-dix , c’est environ lamoitié moins.
Cependant on voudra bien observer que les revenus dontj’ai parlé , font ses revenus fixes & invariables, qui, de quel-que maniéré que ce puisse être, hors le cas d’exemption,comme il arrive quelquefois, par une grâce spéciale du Prince,doivent toujours entrer dans le trésor de l’Etat. Mais si l’onajoute à ces revenus les sommes qui proviennent des domainesparticuliers du Souverain, tant de ceux qui font en Chine ,que de ceux qu'il possede dans la vaste Tartarie ; si l’on ajouteencore la vente exclusive du jen-cheng , dont le poids est payéau moins cinquante fois plus cher que le poids de for , & dontil se fait une si grande consommation dans i’Empire ; les haras,d’où sortent tant de chevaux; la pêche des perles dans le He-long-kiang la chasse, dont le produit est le principal tributqu’il reçoit de ses propres Tartares, ainsi que des TartaresMongoux j les douanes arbitraires qui font en si grand nom-bre ; les confiscations ; ce qu’il reçoit à titre de présent de lapart des grands Officiers des provinces, des Douaniers, desFermiers , & de tous les Mandarins, dans certaines occasionsqui 11e font pas rares ; ce qui lui revient de ses droits fur lesvaisseaux d’Europe qui abordent à Canton ; ce qu’on lui donneen denrées ; & sur-tout en riz ; en marchandises, & fur-touten foie, &c. &c. II en résultera un total qui le placera aupremier rang parmi les Princes les plus riches de l’univers. Jene compte point parmi ces richesses les mines d’or & d’argentqui font en grand nombre dans plusieurs provinces de son vasteEmpire, parce qu’il les tient fermées pour des raisons qui peu-vent ne plus avoir lieu , quand il lui plaira de défendre l’entréede ses Etats aux commerçans etrangers, ou quand ces com-merçans etrangers cesseront d’eux - mêmes de vouloir s’yrendre.
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