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A TH AV EUS LES HUES.
léraire, ont es<jnissé les traits du caractère et de lu ligure desParisiens de leur siècle.
Les silhouettes de Tallemanl-des-Réaux, les originaux copiéspar Labruyère, les ridicules surpris par l’œil perçant de Lesage,les fictions transparentes de La Fontaine, les délicieuses fantaisiesde cette immortelle caillette (pii a nom madame de Sévigné,les personnages vivants de Molière , les héros déshabillés deSaint-Simon, les peintures exagérées de Mercier, de Saiiît-Foixet de Rétif de La bretonne , les observations ingénieuses de notrelittérature contemporaine, ont passé tour à tour sur la toilemobile du tableau de Paris , en y laissant tomber de l’esprit, del’imagination, de la verve, delà malice, de la haine, quelquefoisun peu de morale, et souvent beaucoup de génie.
Les peintres à laplume, dont, je parle, s’efforcent, à l’exempledu Diable boiteux, d’étaler à nos yeux, au travers des toits dela ville, les mœurs, les habitudes, les modes, les amours etles vices de la personnalité parisienne : comme l’immortelAsmodée, ils s’ingénient à regarder, de près et de loin, dans lesalon, dans l’antichambre et dans l’alcôve des maisons de Paris :ils braquent la lunette de l’observation comique ou sévère, surle théâtre, sur l’église et sur le prétoire ; ils fouillent des yeux,et par la pensée, dans les prisons, dans les hospices, dans lesbagnes, chez le pauvre et chez le riche, chez les grands et chezles petits, chez le roi et chez le peuple, partout où l’on pleure,où l’on crie, où l’on chante, où l’on pense, où l’on aime, oùl’on calomnie, où l’on vole, où l’on tue, où l’on souffre, où l’ontravaille, en se pressant de vivre pour mourir.
Eli bien! à cette vaste collection de dessins, de caricaturesou de portraits, d’usages, de lois, d’idées, de modes, devilenies, de passions, de souffrances et de sottises; à toutes cescouleurs si brillantes, si capricieuses et si variées; à ces millecoups de pinceau qui doivent servir à retracer à nos yeux lespectacle des sociétés parisiennes, il a manqué peut-être, selonmoi, la peinture historique de ces rues de Paris où ont marché,en des appareils si divers, les originaux que l’on a essayé defaire revivre dans le monde de l’observation littéraire.