(i
a tu Avi: ns les nu es.
A» rideau ! au rideau! voici le drame dans les rues; le*24 août, un dimanche, à trois heures du matin, l’église deSaint-Gcrmain-l’Auxerrois fait entendre le tocsin des massa-creurs, en guise d’ouverture, et la tragédie commence; lepremier acte se passe encore dans l’hôtel de l'amiral deColigny.
l'n gentilhomme, un serviteur lidèle s’écrie, en s’adressantà son noble mai Ire : Monseigneur, on nous égorge, on nousfusille; c’est Dieu qui nous appelle à soi; on a forcé le logis, cln’y a moyen de résister. — Je suis disposé à mourir, répond lehuguenot: vous autres, sauvez-vous !
Coligny reste seul; un assassin nommé Besme s’avance verslui, une épée à la main : N’es-tu pas l’amiral ?— C’est moi!frappe! En me tuant, lu ne me feras perdre que bien peu de jours!
Dans la cour de l’hôtel, une voix retentissante interpelle lemeurtrier: Besme, as-tu achevé? — Bosnie se penche à lacroisée pour lui répondre : C’est fuit, monseigneur! —Jette soncadavre par la fenêtre! réplique le duc de (luise.
Et soudain, le corps de l’amiral de Coligny tombe sur lepavé de la cour; le visage du malheureux vieillard est abimépar le sang et par la houe; on l’essuie avec un mouchoir, pourmieux le reconnaître, et le duc de Guise se prend à dire, enlt%reconnaissant à merveille : c’est bien lui! — N’est-ce pointlà une belle lin de premier acte?
Dès ce moment, l’imbroglio sanglant se déroule sur les placespubliques, sur les quais, dans toutes les rues de Paris ; la piècedure trois jours, ni plus ni moins, et la loiie tombe lentement,bien lentement, sur le tableau de quelques milliers de personnesque l’on égorge, ou que l'on a égorgées au nom du roi.
Les auteurs de la pièce s’imaginent peut-être qu’elle n’a pasassez brillamment réussi, et plus tard, LouisXIV lui-mème sechargera de prendre leur revanche, dans un grand ouvragepolitique, intitulé : La révocation de l’édit de Nantes .
Quelles scènes à raconter, bon Dieu! à propos de la Saint-Barthélemy , pour l’historien qui écrira, dans ce livre, l’histoiredes quais de Paris !