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Tome premier.
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A T It AV EUS LES ItlES.

de l’Echaudé; il coupera la langue, il percera les oreilles d’unpatient dans la rue Gui-lion/ ; en voyant les quatre chevaux quiécartèlent un innocent ou un coupable, à la fameuse Croix duTrahoir, n’allez pas vous écrier, à l’impitoyable façon d'unegrande dame du xvm" siècle : Pauvres bêtes!... comme ellesse donnent du mal !

Si des gouttelettes de sang et de boue ont rejailli sur vosbabils, sur vos mains et jusque sur votre visage, autour de ceséchafauds, de ces piloris, de ces fourches patibulaires d’autre-fois, que l’on appelle des justices, grandes et petites; si cettelourde atmosphère, imprégnée de miasmes et de souillures,toute pleine des derniers soupirs et des derniers blasphèmesdu crime, pèse sur votre cœur et vous étouffe, nous pouvonsaller de ce pas nous soulager, en nous purifiant, dans lesbaignoires de la rue des Vieilles-Etuves ; après cela, nous auronsencore assez de temps, pour nous distraire aux jeux publics dela rue du Mail et de la rue des Poulies; mais, dépêchons-nous,s’il vous plait, et n’allons pas chercher midi à quatorze heures,dans la rue du Cherclie-Midi; aussi bien, la nuit ne se fera pasattendre, et j’ai toujours peur de passer, après le coucher dusoleil, dans la rue de lu Truande rie, où les gueux importunentles honnêtes gens par l’étalage de toutes sortes d’affreusesmisères; dans la rue des Mauvaises Paroles, où l’argot m’a déjàpoursuivi de ses barbares sottises ; dans la rue Tire-Chappe, oùles filous s’entendent comme il sied à des larrons en foire :dans la rue Mau-conseil, où la faim et le vice conseillent auxvoleurs et aux meurtriers de détrousser, en les tuant, les richesbourgeois de la bonne ville.

N’est-ce pas une tradition tout-à-fait romanesque, un sou-venir charmant (pie nous allons devoir à la rue de la Jussienne,ou plutôt, à la rue de l’Eggptienne? L’on croirait que les deuxhéroïnes de Notre-Dame de Paris , ce beau roman d’un grandpoète, ont figuré pour la première fois dans la fange de cettepetite rue : il s’agit en effet d’une chèvre et d’une jeune tille.Imaginez qu’un jour, une pauvre enfant de Bohème, ne sachantplus où elle va, ne sachant plus d’où elle vient, comme tous