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de la Chaussée-d'Antin. Celle rue qui toueliait au pavillon d’Hanovre, cesplendide ermitage du vainqueur de Malion, cette rue qui avait son ber-ceau en face de l’iiôlel d’Antin on vivait le plus magnifique roué dudix-huitième siècle, est aujourd’hui tout aussi marchande que la rueVivienne, tout aussi tralicante que la rue des Lombards. On y vend et ony achète de tout; le négoce s’v étend depuis la beauté jusqu’à la canelle.
Arrivée à ses limites, tout contre le marchand de vin qui la borne aunord, la rue de la Chaussée-d’Antin conduit, jiar la rue Saint-Lazare, àun chemin de fer, et par la rue de Clichy à la prison pour dettes.
A gauche, le symbole le plus hardi de l’industrie heureuse; à droite,le correctif de l’industrie maladroite. Là-bas, quelques spéculateurs ha-biles; ici, quelques actionnaires.
Une cellule et un wagon, voilà l’enfer et le paradis de la Chaussée-d’Antin. Où vouliez-vous que cette rue de la finance conduisît ?
Ce n’est pas que la rue de la Chaussée-d’Antin n’ait encore des préten-tions à l’aristocratie; elle se donne des tons de grande dame, mais savoisine, la rue du faubourg Saint-Ilouoré, la regarde d’un air dédaigneuxpar-dessus la Madeleine. En témoignage de sa noblesse, la rue de laChaussée-d’Antin cite les deux ambassadeurs de Naples et de llelgique,qui avaient fait élection de domicile dans ses hôtels, mais ces deux am-bassades ont déménagé, je crois, et de toute cette diplomatie il ne resterien que le souvenir d’une blonde ambassadrice dont les coquettes habi-tudes et l’esprit alerte rappelaient un temps qui n’est plus.
Madame L... méritait de naître cent ans plus tôt. Elle a été la dernièrefemme à la mode de Paris .
Un instant la rue de la Chaussée-d’Antin essaya de galvaniser sa dé-funte galanterie. Mais hélas, ce fut un essai malheureux. Les NuitsVénitiennes qui devaient transporter la fille de l’Adriatique avec son aven-tureux carnaval dans l’enceinte du Casina-Paganini, ne montrèrent rienqu’une douzaine de pauvres filles échappées de la rue de Hréda et malvoilées d’écharpes roses.
Puisque le nom du Casino-Paganini s’est présenté sous notre plume,nous ne le laisserons pas.échapper. sans en dire quelques mots. Aussi bienvit-il encore par l’enseigne.
Il y a des établissements malheureux) Si le concert Musard a fait re-tentir le monde de sou nom après avoir fait trembler la rue Vivienne sousson orchestre, le Casino-Paganini n’a jamais eu grande réputation, bienqu’il ait essayé de faire beaucoup de bruit.
Fondé dans un hôtel somptueux, au milieu de riches salons et dejardins embaumés, il devait avoir pour marraine la plume de CharlesNodier et pour parrain le violon de Paganini . La plume qui appelle nelui a pas fait défaut, mais l’archet «pii relient lui a.manqué.