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Tome premier.
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Il CE JM K H HE-LESCOT.

resques. Aujourd’luii cet engouement n'existe [tins, et la rue Pierre-Lestaiest redevenue ce qu’elle n’a jamais cessé d’être, c'est-à-dire un des [tinscomplets échantillons de la misère et de l'abjection parisiennes.

En traversant la rue Pierre-Lescot on s’aperçoit qu'elle n’a rien perdude sa physionomie impériale. Les devantures de boutiques, les enseignes,les ustensiles dont on se sert dans les cafés datent encore de 180(1.Entrez dans la boutique de ce marchand de bric-à-brac, vous y trouverezdes pendules à sujets mythologiques, des fauteuils avec des aiglessculptés, des vases d’albâtre, des canapés carrés en velours d’L’trechljaune, toute la défroque enfin des tapissiers de l’empire. Pendant lejour, cette rue n’offre rien de bien curieux; elle est morne, silencieuse,obscure, il n’y a là-dedans que des industriels nocturnes, des logeurset des tilles publiques ; je ne parle pas de cet établissement de bouillonhollandais qui est venu se fourvoyer, on ne sait trop pourquoi, dans celendroit, et dont l’air honnête jure avec la mine peu engageante des autresetablissements, hôtels pour la plupart sur la porte desquels on lit, encaractères à demi ell'acés : lei un loge à la nuit.

Le prix de la couchée varie depuis dix jusqu'à trente sous, suivantqu’on demande une chambre tout seul, des draps propres, ou qu’on secontente d’un lit de sangle dans un dortoir. 11 y a dans certains hôtelsune salle où l’on ne paie que deux sous; il est vrai que pour tout lit ona le sol, pour oreiller la muraille; des cordes transversales séparent lesdormeurs en deux rangs, s’il est possible de dormir en un tel gîte. Quelpandémonium de figures bizarres, de vêtements délabrés, doivent pré-senter ces tristes chambrées ! Les uns entrent en chancelant et se laissenttomber, ivres d’eau-de-vie et de fatigue, sur le pavé boueux où ils s’en-dorment bientôt; ceux-là sont les heureux de l’endroit, les habitués dulogis. Ils ont passé leur soirée dans quelque estaminet borgne, occupés àboire l’argent gagné, Dieu sait dans quelle industrie, et maintenant ilscuvent leur vin ; d’autres, groupés dans un coin, causent à voix basse etd'un air animé en montrant, un paquet que l’un d’eux cache sous sa re-dingote : ce sont des voleurs qui attendent que le jour soit venu pouraller partager le produit d'une affaire dans quelque carrière de Mont-martre . Voyez-vous là-bas, adossé contrôle mur, cet homme qui, les brascroisés contre la poitrine, l’œil fixé au plafond, a l’air de réfléchir pro-fondément; ses traits, jeunes encore, sont cependant flétris avant l’âge;ses vêtements ne sont pas déchirés, mais sonillés de boue, c’est un ou-vrier qui fait le lundi depuis trois semaines, et qui voit venir le momentoù, après avoir dissipé ses économies dans de crapuleuses distrac-tions, il va être obligé de rentrer dans l’atelier. C’est le remords qui tientses yeux ouverts. L’insomnie de son voisin ne peut être attribuée à lamême cause. Nonchalamment assis sur sa redingote qui lui sert de