HUE LAFFITTE.
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petit entresol île la rue d'Artois, et là, quelle superbe mise en teuvre dessept péchés capitaux! Mais aussi, que de bons-mots! que de mordantessaillies, que de vastes projets courus dans l'ivresse et poursuivis plustard avec la verve d'un esprit inépuisable et l’autorité d'une éloquenceentraînante!
C’est dans cet appartement de la rue d'Artois, que Cérutti établit le bu-reau d’un journal qu’il fonda et qui eut un prodigieux succès, comme onpeut aisément le croire, puisque l'ex-jésuite, rédacteur en chef, avait sesdeux amis pour collaborateurs. Ce journal d'une opinion avancée, d’unevive allure et d'un style incisif, portait un titre tout pastoral et s'appelait :Lu feuille villageoise. Voyez-vous d’ici Talleyrand déguisé en berger Tircis,Mirabeau maniant la boulette, et Cérutti gardant des moulons’ Ces trois
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esprits si tins, si ardents, si corrompus, s'étaient mis au vert pour pro-pager les principes révolutionnaires dans les campagnes. Ils quittaient leton railleur, le propos leste et fringant, l'anecdote scandaleuse, pouradopter le régime de l’églogue et se mettre à la portée des intelligencesagrestes. 11 faisait beau voir ces gentilshommes travestis, ces démission-naires de l'aristocratie, ces beaux parleurs du grand-monde, présenterleur logique sous une forme simple et naïve, et dans un rustique langa-ge, pour se faire comprendre par les habitants des fermes et des cbatt-mieres. Grâce à eux, le journal pénétra dans les champs et dans les bois.