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Tome premier.
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RUE ET FAUHOUUGdroits imprescriptibles, a place où devaient reposer les victimes

de sa conquête; etla colonne napoléonienne de la place Vendôme eut nuesoeur populaire au faubourg Saint-Antoine.

Les siècles révélent leur esprit à la postérité par le caractère de leurs mo-numents : le quatorzième se distingua par l’imposante ordonnance de sesconstructions militaires; le quinzième et le seizième tirent admirer lasplendeur, la hardiesse et l’élégance de leurs édifices civils et religieux.Alors brilla , de son plus vif éclat, cette architecture dite gothique,si ingénieuse dans ses conceptions, si minutieusement exquise dans sesdétails. Tel fut Yhôtel des Tournelles, situé rue Saint-Antoine, vis-à-visle palais Saint-Paul : que de galantes indignités, que de saturnalesdurent s’accomplir dans ce palais des Tournelles ! Ce fut là peut-être que l’infidèle époux de l’angélique Valentine de Milan montraau duc de Bourgogne le portrait de sa femme, parmi ceux de scs maî-tresses, et aiguisa ainsi, lui-mème, le poignard sous lequel il devaittomber en 1407. Après la mort de Louis d’Orléans , l’hôtel des Tour-nelles devint une propriété royale; Charles VI y passa plusieurs annéesde sa déplorable existence, quelquefois enseveli dans les tourbillonsd’une vie insensée, quelquefois rappelé à de suaves émotions parOdette de Champdivers, quelquefois sortant de sa léthargie mentale,furieux de son déshonneur conjugal et de l’asservissement du beauroyaume qu’il voyait livré en proie au léopard... Quand cet horriblesacrifice fut consommé, le duc de Bedfort, régent de France [tour le roid’Angleterre (ne frémissez pas, quinze millions de bras nous garantissentcontre le retour d’un tel avilissement:; le régent, disons-nous, habital’hôtel des Tournelles, le lit reconstruire et augmenta son étendue. Cefut alors que ce palais offrit ces nombreuses tourelles (ou tournelles),qui lui donnèrent son nom, et les innombrables et sveltes aiguilles quile hérissaient de toutes parts, comme vous l’a dit Victor Ilugo. Lors-qu’à partir de 1456, Charles VII fit son séjour le plus ordinaire auxTournelles, les beaux-arts, appelés par ce galant souverain, accoururentdans cette maison royale pour y orner des cabinets mystérieux, couvrirde sculptures ou de peintures voluptueuses les lambris et les plafonds, etsemer d’amoureuses devises les galeries conduisant aux appartementsretirés où le roi recevait Agnès Sorel , cette dame de beauté qui, dit-on,lui fit reconquérir sa gloire, après la lui avoir fait oublier.

Une partie du palais des Tournelles s’appelait hôtel du roi; Louis XI l’habitait lorsqu’il était à Paris; Louis XII y mourut, pour avoir vouluprouver à la jeune Marie d’Angleterre , sa troisième femme, qu’on estjeune encore après cinquante ans.

Maisjamais l’hôtel des Tournelles ne fut plus richement décoré, plus ga-lamment habité, plus lumineux, plus retentissant d’harmonie, que sous le