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Tome premier.
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HUE NOTRE-RAME-DE-LORETTE. 1Ô0

Cet héritier présomptif et présomptueux de Léopold Robert fume dansune pipe turque fabriquée à Paris un tabac qui nest guère parfumé, et se

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repose à l'avance des grands travaux qu'il compte exécuter dans sa journée.En attendant quil s'arme résolument de la palette et de lappuie-main, ilétudie la nature sur toutes les formes quil lui plaît de revêtir : chien quiaboie, grisette qui passe, oiseau qui vole, et le reste. Mais cest dans lapersonne de ses voisines que le peintre se complaît à observer la nature.Son regard transperce les vitres et leur légère cuirasse de mousseline;le divan et la causeuse nont pas de secrets possibles pour lui ; il déchiffre,à la première vue, tous les hiéroglyphes du boudoir, et Dieu sait si lesboudoirs de la rue oIre-Uame-de-Lorette sont tapissés dhiéroglyphes !disons pourtant à sa louange que ses voisines ne labsorbent pas telle-ment quil ne songe aussi à ses voisins. Or, le voisin est un confrère donton est séparé par quelques cheminées, mais duquel, en revanche, on estrapproché par une communauté détages, dopinion, de poésie et de gout-tières. Et dès lors, ce sont des causeries sans fin sur lart, la grandeurde lart et la sainteté de lart; on cause du Giotto, de Cimabuë , de lEspa-gnolet dont on na jamais vu une seule toile; on cause de la Fornarina etde son divin amant quon a soin dappeler la Sanzio, son nom de Raphaël étant spécialement abandonné au langage prosaïque du bourgeois.

La rue Notre-Dame-de-Loretle fait une incroyable consommation de