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étaient si fiers, et qui leur tenaient lieu de parchemins ; on y cherche envain les encognures ou poutres sculptées qui supportaient l’édifice etservaient à son ornement extérieur. Çà et là, un toit en auvent cintré,un étage en saillie, un angle de maison en cul-de-lampe, une porteliasse à voûte de pierre, un escalier de boisa rampe massive, une boutiqueobscure et profonde, rappellent les anciens temps qui remplissent desouvenirs ces rues sombres, boueuses et infectes, qu’on croirait habitéespar des crapauds, des hiboux et des chauve-souris.
11 y a pourtant des hommes qui naissent, vivent et meurent sans sortirde cette atmosphère putride, sans chercher d’autre maison que des mursenfumés, et sans connaître même les magnificences architecturales deNotre-Dame où ils vont à la messe le dimanche, où ils ont été baptisés, oùils auront leur messcdes morts, s’ils laissent de quoi la payer! Qui oseraits’aventurer dans la rue des Trois-Canettes ou dans celle des Deux-I [ermites ! Qui connaît seulement de nom la rue de la Licorne ou la rueCocatrix? Qui voudrait croire, même en le voyant, que Paris cache dansson sein des rues aussi étroites, aussi puantes, aussi affreuses que cellesdes Cargaisons, de Perpignan et de Glatigny ?
La fondation d'une ville dans la Cité est un de ces faits que l’histoire nerapportera jamais à une date précise, et le château des Parisiens , caslellumParisiorum, lorsque César s’en rendit maître, n’avait pas d’autre impor-tance que sa situation inexpugnable au milieu de la Seine qui l’embrassaitplus large et plus rapide qu’elle ne l’est aujourd’hui, car ses bords sont,atterris par g r a vois, pieux et ordures qu'on y a jetés , suivant le crédulellaoul de Presles, qui ne lui accorde pas moins de vingt-six siècles d’anti-quité. Ce vieil auteur raconte ainsi l’origine de Paris d'après une croyancequi était, généralement adoptée au quinzième siècle, et qui n’a plus coursdans le nôtre.
Françon, tils d’Hector, ayant porté les pénales de Troie en Hongrie aprèsle siège et la destruction de la ville de Priant , y fonda Sicambre, et ce futau temps de David. La population de la nouvelle Troie se multiplia telle-ment dans l’espace de ‘230 ans, que vingt-deux mille Troyens conduitspar un chef nommé Iboz quittèrent leur seconde patrie pour s’établir dansun pays plus fertile. « Ils passèrent Germanie et le Rhin , et vinrentpresque sur la rivière de Seine, et avisant le lieu où est à présent Paris , etpource qu’ils le virent beau et délectable, gras et plantureux et bien assispour y habiter, y tirent et fondèrent une cité, laquelle ils appelèrent Lutèceà Luto , c'est-à-dire pour la graisse du pays; et fut édifiée cette cité autemps de Amasie, roi de Juda, et de Jéroboam, roi d’Israël , 830 ans avantl’incarnation de INotre-Seigneur, et s’appelaient Parisiens, ou pour Pàris ,fils du roi Priam , ou de Pharisià, en grec, qui vaut autant comme har-diesse en latin. » Une nouvelle colonie de Sicambres arriva et voulut con-