LA CITE.
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de proches parentes, se trouvèrent mal du voisinage de ces jeunes hommes,hardis et insolents, à (pii Pierre Comestor détaillait les plus scabreusesnaïvetés de la Bible , (à; Pierrc-le-Mangeur liistoriait les Ecritures à safantaisie. Il faisait dire à Adam, après la formation de la femme : « Cette» sera appelée Virago, car elle est prise et faite de l’homme ; pour laquelle» chose l’homme laissera son père et sa mère, et se prendra à sa femme» et seront deux en chair. » Il lirait du crime de Lolh cette moralité :
« Fut le péché de boire jusques à être ivre, cause de l’autre péché. » Ilrépétait avec Moïse : «Ce n’est bonne chose à l'homme, qu’il soit seul. »Les chanoines partagèrent peut-être la doctrine de Moïse jusqu’à ce quele chapitre eût statué et ordonné, en 1Ô54, qu’aucune femme, jeune ouvieille, chambrière ou parente, ne demeurât dans le cloître, « parce que,
» dit l’ordonnance, ce lieu est saint, dédié et consacré à Dieu . » Cet actede rigueur contre les femmes fut bien tardif, s’il eut pour prétexte lesamours d’Abélard et d'Héloïse , vers 1110.
On voyait encore naguère les médaillons de ces amants, dans le Cloître ,sur la façade de la maison de Fulbert , chanoine de Notre-Dame , cet onclejaloux d'Iléloïse, ce bourreau d’Abélard . On ne regardait pas celte maison,où furent heureux le maître et l’élève, sans éprouver un serrement decœur et une émotion tendre. Ces médaillons anciens étaient pourtantaltérés par de burlesques restaurations : Héloïse avait la fraise hante etle corsage décolleté du temps de Henri IV; Abélard portait avec lamoustache une sorte de toge romaine. lia fallu, sur leurs tètes de morts,rechercher la ressemblance qu’on voulait donner à leurs statues, cou-chées côte à côte aujourd’hui dans le champ de repos du Père-Lachaise .
Abélard , qui traînait à sa suite une armée d’écoliers, avec laquelle ilvint camper sur le mont Sainte-Geneviève, comme pour combattre sonrival en philosophie, Guillaume de Champeaux , dont il fut d’abord le dis-ciple bien-aimé, Abélard n’avait eu de l’amour que pour l’étude et lesophisme ; il était noble et gracieux de corps autant que d’esprit. « Comme•> il lisait en l’évêché, raconte Pâquier, un chanoine nommé Foulbert,» qui avait chez soi une sienne nièce fort bien nourrie en langue latine,» le prie de vouloir bien lui donner tous les jours une heure de leçon :» ce qu’il accepta volontiers. Après avoir quelque temps continué ce» métier, amour se mit de la partie entre eux.» Le chanoine Fulbert,n’importe qu’il fût l’oncle ou le père d'Héloïse , avait concentré toutes sesaffections sur cette fille de dix-huit ans, qui savait le latin, le grec etl’hébreu, mais qui savait encore mieux aimer : « Héloïse, dit Abélard lui-» même, n’était pas la dernière pour la beauté du visage, mais elle était,» la première pour la connaissance des lettres. » Son maître, jeune etardent comme elle, avait surtout deux moyens de séduction qui eussentpu lui gagner le cœur de tontes les femmes, comme l’avouait elle-même