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U UE DE LA PAIX.
la villa ornée par Charlemagne et policée par Saint-Louis ; la ville hé-ritière de la politesse d’Athènes, de la bravoure de Sparte et de la gran-deur de Home; Paris , cette capitale de deux mille ans, qui a vu passer,dans ses murailles, trois races de rois et une révolution inouïe dans lesfastes de l'univers; Paris , dis-je, reçut du héros qu'elle vit couronnersous les arceaux de son antique basilique, les premières et sublimesétreintes de l’amour d’un grand homme pour les sciences, pour les lettreset pour les arts.
A la voix de Napoléon devenu empereur, le Louvre inachevé voit unpeuple d’ouvriers déblayer son enceinte, continuer ses portiques, allongerses galeries. Des ponts, des quais qui, tous, enregistrent une victoire;des boulevarts baptisés du nom des généraux morts au champ-d’hon-neur. Des places, des rues dont l’architecture élégante rappelle les quar-tiers de Périclès à Athènes, d’Adrien à Home, de Pharaon en Egypte ,s’élèvent comme par enchantement autour des Tuileries , de ce vieuxpalais bâti par Catherine de Médicis , et donnent à cette partie de la capi-tale une physionomie toute nouvelle. Là où des masures accroupies présde l’habitation des rois, projetaient leur ombre funèbre, ou lit, sur decoquettes tablettes de marbre, les noms de Hivoli, de Castiglione et deMonl-Thabor. Chaque angle de ce quartier nouveau est incrusté d’unevictoire, chaque place d'un trophée, chaque pierre d’un souvenir!
Tandis qu’à l’extrémité orientale de Paris , le Panthéon, destiné à re-cevoir les cendres des grands hommes, s’achève; le Temple de la Gloires’élance du sol avec ses trépieds d’airain et ses cryptes de granit. Ledôme des Invalides étincelle d’or, comme au jour où Louis XVI allasaluer, sans gardes, les vieux débris des phalanges de Fribourg, de Ho-croy, de Scnef et de Nerwinde. L’abbaye de Saint-Denis , restaurée, réin-tègre dans ses caveaux purifiés par les bénédictions d’un pontife cente-naire (le cardinal de Belloy), les ossements des rois disséminés par latempête révolutionnaire, tandis que les pieuses mains du chef de la qua-trième race, de la race Napoléonienne, dépose dans des chapelles expia-toires, au milieu de lampes ardentes, les poussières augustes qui étaientautrefois Louis XII, Henri IV, Louis XIV et l’infortuné Louis XVI . Puisl’arche des victoires de l’empire va poindre à l’occident de Paris , à cettebarrière de l’Etoile, qui devrait s’appeler la barrière des batailles ; enfin, '•
il jette les fondements de la colonne de la grande armée sur la placeVendôme , et aligne les édifices de la rue Napoléon que l’abaissement dela France devait faire nommer, huit ans plus tard, rue de la Paix.
Cette rue, la plus belle de la capitale, fut projetée sous Louis XVI . Ilappartenait à Napoléon de réaliser tout ce que les rois ses prédécesseursavaient rêvé pour l’illustration de la bonne ville; maisavantd’entreren ma-tière sur les embellissements successifs effectués, sous l’empire, dans ce