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Tome premier.
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HUI': DE EA PAIX

ir.r.

tli» la Paix a fourni à la Franco les moyens de soutenir une guerre terribleet acharnée contre les'rois de l’Europe , ligués entre eux, pour lui ravirla complète de sa liberté.

Ee jardin des Capucines devint, de 1707 à 1804, une espèce de pro-menade publique où quelques arbres, échappés à la voracité des édilesrévolutionnaires, sc montraient, çà et là, au milieu d’un terrain inégal,sablonneux et parsemé des débris du cloilre, des ruines de l’eglise et desdivers bâtiments qui se rattachaient au couvent. De nombreuses maison-nettes, des échoppes de marchands de gâteaux, de jouets d'enfants etd’orviétan ; des physiciens ambulants, des danseurs de corde, des lan-lernes-magiqucs et des baraques où l’on montrait des phénomènes etdes animaux vivants, un grand théâtre même, se groupèrent dans cejardin désolé, et remplacèrent les beaux arbres, les allées solitaires, leschastes réduits où de pieuses filles étaient venues, pendant un siècle,espérer en Dieu et peut-être se souvenir du monde.

Il n’est pas hors de propos de faire remarquer ici que le premier pano-rama, cette précieuse et savante conquête de la lumière appliquée à lapeinture, a été bâti sur le terrain des Capucines.

I ne autre foire de Saint-Ovide était donc, venue s'installer d elle-mêmedans ce lieu; ou plutôt la Eiherlé, cette nouvelle et puissante sainte ducalendrier républicain, avait daigné passer parlé pour transformer encirque populaire l’asile sacré des filles du Seigneur.

A propos de cinjuc populaire, il est bon aussi de rappeler que Eranconi.le célèbre écuyer, grand-père de ceux qui existent aujourd'hui,«vint, pourla première fois en Fi ance, donner ses exercices d'équitation au cirque dujardin des Capucines.

Tel était l’état des choses lorsque Napoléon crut devoir mettre unterme à tant de dégradations eide sacrilèges. 11 voulut effacer jusqu'auxtraces matérielles des fureurs révolutionnaires, et l’abjection de l’anciencouvent des Capucines dut cesser. A sa voix, le démon des ruines fit.place au génie des arts, et la rue Napoléon sortit des décombres amon-celées du couvent des Capucines.

Ea place Vendènne est véritablement la tète de la rue de la Paix : arrê-tons-nous un instant au pied de la Colonne, pour apprendre, en quelquesmots, l’origine et l’histoire de, cette place.

Nous le savons déjà : Eouis XIV avait déplacé les Capucines pour lesétablir dans le monastère qu’il leur fit bâtir un peu plus loin. Sur l’em-placement du premier couvent et sur une partie des terrains dépendantsde l’hétel du maréchal de Vendôme , qu’il avait acheté à cet effet, le grandroi lit élever la magnifique place qui n’a pas sa pareille en Europe .

Ea place Vendôme devait s’appeler plant Louis-tv-Grand ; mais l'habi-tude l’emporta sur les ordonnances, et les Parisiens s’obstinèrent à ap-