Itl^K I)K LA PAIX.
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bien un sarcophage immense, destiné à contenir les cendres des grandscapitaines de la ré ' " e.
— Votre idée est bonne, commandant, dit à son tour madame d'Auge-ranville; moi, je pencherais pour une colonne.
— Et vous l'aurez un jour, madame, répondit en souriant Napoléon que le voisinage île la belle madame Tallien rendait plus expansif qued’habitude; vous l’aurez : seulement, laissez-nous, üerthier et moi, deve-nir généraux en chef!...
—Ma foi! ce sera un beau rêve pourmoi, fit Berthierd’un ton d’incrédulité.
Moins de douze ans après, le chef de bataillon d’artillerie, devenu em-pereur, posait sur cette même place la première pierre de la Colonnedédiée à la Grande Armée , et fondait, à quelques centaines de pas plusloin, le Temple de la Gloire.
Le songe du futur prince de Wagram étaiL réalisé.
Avec ce coup-d’œil d’aigle qui le caractérisait, Napoléon , dès qu’il futempereur, vit tout d’un coup le parti qu'il pouvait tirer, pour l’embellis-sement de sa grande ville, des terrains et des ruines que la révolution luiavait légués. U médita la résurrection de la place Vendôme avec ses tro-phées, sa majestueuse et royale s " ’ ur; il jeta, par la pensée, sur les
landes d’un jardin sans arbres et sans verdure, une rue comparable auxplus belles voies publiques des plus belles capitales modernes.
En 1800 les ingénieurs nivellent le sol des Capucines, tandis que Le-père et Gondouin, architectes, posent les fondations de la Colonne dela Grande Armée, sur le pilotis établi jadis pour la statue equestre deLouis XIV .
La mémorable campagne de 1803, couronnée si dignement par la vic-toire d’Austerlitz, suggéra à Napoléon l’idée de voter, à l’exemple d’An-tonin et de Trajan , une colonne monumentale à son armée; et cettevaillante armée et cette admirable campagne méritaient bien un telhonneur; jugez : en 1805, l’Autriche, la Russie et l’Angleterre formentune troisième coalition contre la France. Le 50 septembre, Napoléon passe le Rhin , et harangue l’armée de cette héroïque façon que voussavez, et qui enfante des héros et des prodiges; le 15 octobre, il attaquela ville d’Ulm, et la capitulation de Mack, ducaux savantes combinaisonsde l’Empereur, porte l’épouvante dans toute l’Europe monarchique;Nuremberg , Lowers, Amslettem, Marienzeh, l’rassling ctlnspruck serventà baptiser de nouvelles victoires; le 14 novembre, Napoléon fait sonentrée à Vienne ; le 19, il chasse les Russes de Brum ; enfin, le 2 décembre,il livre la fameuse bataille d’Austerlitz.
Ce jour-là, deux grands souverains se mettent à la discrétion du vain-queur, après avoir perdu douze généraux, quarante-cinq drapeaux, etcent cinquante pièces de canon.