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de 12 pieds. Le piédestal a 21 pieds et demi d’élévation; il est entourépar une espèce de rempart en granit, dit de Memphis. Le lut de la co-lonne, le piédestal, le chapiteau et son amortissement, bâtis en pierre detaille, sont extérieurement revêtus de fortes lames de hronze, chargéesde bas-reliefs, provenant des 1,200 pièces de canon prises sur les arméesrusses et autrichiennes, pendant la glorieuse campagne de 1805.
Des ornements guerriers, tels que sabres, lances, timbales, casques etétendards, garnissent les quatre laces du piédestal, sur l’attique duquelse dessinent des guirlandes de chêne soutenues aux quatre coins par desaigles colossales. Les bandes de hronze qui contournent la colonne, de-puis la hase jusqu’au chapiteau, ont 5 pieds 8 pouces de haut, et sontséparées entr'elles par un cordon sur lequel est inscrite en relief l’actionou la scène guerrière que représente le dessin. Dans l’intérieur de lacolonne, on a pratiqué un escalier à vis de 170 marches, qui mène à unegalerie sur le . Au-dessus de ce chapiteau est une forme circu-
laire ou calotte sur laquelle ces mots sont écrits : Monument élevé à laijlnire île la Grande Année; commencé le 25 août 1800, et terminé le15 août 1810, sous la direction de M. Union, direcleur-fiénérulde M. Le-jiére et de M. Gondouin, architectes.
La quantité de métal employée dans le monument complet, pese1,800,000 livres, .l'ai déjà dit que cette colonne était une imitation decelle d'Antonin à Home; mais la nôtre, de l’avis de tous les gens de l’art,est bien supérieure à son aînée, par la pureté du dessin et la correctiondes lignes. Et cependant, toute chargée qu’elle est de gloire et de ba-tailles, elle ne compte que pour un trimestre dans l’histoire de France et de Napoléon . Qu’on suive du regard cette spirale d’airain, monumentchronologique d’une prise d’armes qui se décide à Boulogne, et qui serepose à Dresbourg; chaque régiment de notre armée s’y montre résumépar ses actions mémorables, c’est-à-dire homme par homme, heure parheure; dénombrement à la manière homérique, dicté par Napoléon . Legrand récit de la campagne de trois mois se presse autour de la colonnecomme un musée de victoires. Et maintenant, déroulez ce chef-dàeuvreaux regards des vieux soldats ; ils y liront le secret de cette pensée relle-cliie et rapide qui veillait sur le llhin, à cent cinquante lieues du Itliin ;ipii punissait Londres , en brisant les portes de Vienne, qui comptait unpar étape, et qui communiquait enfin à la bravoure nationale,l’impétuosité de l’aigle qui planait avec ses ailes d’or sur la flamme de* nos drapeaux. Dans cette spirale, qui remonte à Napoléon , comme le cride la grande armée, il y a bien des conseils pour les gouvernements venusà la suite de l’empire: s’ils comprennent honorablement cet héritage,ils pourront apprendre qu'après une chute glorieuse, on reste encore de-bout dans la mémoire des générations.