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Tome premier.
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BUE DES BLANCS-MANTEAUX.

pour anéantir toute concurrence, une autorisation spéciale, et, pour lemettre plus à son aise, tin local particulier. Quels procédés, tpielles déli-cates attentions! Cet emplacement si généreusement octroyé, ce fut lecouvent des Blancs-Manteaux, la maison de ces pauvres Bénédictins in-humainement renvoyés.

Du couvent et de l’église, il n’est resté aujourd'hui que les murs, et aupremier coup-d’ceil vous prendriez l’éditice pour un hospice ou uneprison. D’étroites et hautes fenêtres dépouillées de toute espèce d’orne-ments, mais en revanche solidement bardées de fer; au-dessus d’unegrande porte, un drapeau tricolore tout fané, tout déteint; une guérite etun soldat en faction : voilà, vu du dehors, le Mont-de-Piété : — Le GrandMont-de-Piété.

.Mais qu’est-ce que le Mont-de-l’iété! 1 — Belle question, ma foi! Qu’ilme soit permis de croire, pour l’esprit de mes lecteurs, que bien peud’entre eux sont à cet égard dans une complète ignorance. Eh ! mon Dieu ,qui de nous, tous tant que nous sommes, jeunes ou vieux, riches oupauvres, (pii de nous, dites-le-moi, dans le cours de sa vie parisienne , n’apas eu pour un jour, pour une heure peut-être, besoin de ma tante. Par-don du mot, mais, si je l’emploie ici, c’est que, dans son expressive tri-vialité, j’y trouve je ne sais quoi d’incisif et de spirituellement railleurqui représente à mes yeux et dans son acception la plus vraie le peuplede Paris . Eli bien ! alors, vous souvient-il dans ce jour de détresse,d’avoir avec anxiété attendu la nuit pour passer, furtivement et lecœur tout ému, le seuil redoutable de cette porte où brille une lanterneavec ces mots en transparent : Commissionnaire au Mont-de-Piété . Unefois dans le sanctuaire et après quelques légères formalités remplies,vous avez pu lire ce petit carré de papier où se trouvent ex ” ésd’une admirable façon les comptes du taux de l’intérêt, des droits sup-plémentaires, etc., etc. Vous en reparler ici, serait chose inutile; enfaire la critique,— à quoi bon? Philosophes, humanitaires, écrivains detoute espèce, ontassez écrit pour ou contre cette institution que quelquesbuveurs d’encre, en accès de mauvaise humeur ou de misanthropie , ontappelée usure légale et privilégiée, pour qu’il me soit permis de m’abs-tenir. Après tout, il en est de cette plaie du pauvre peuple ( si toutefoisc’est une plaie) comme de tant d’autres, on en parle beaucoup, mais onne la connaît pas. Bien peu ont étudié dans tous ses rouages et dans tousses résultats celte immense machine du Mont-de-Piété . Ceux qui l’ont ca-lomniée sontdes ingrats... Us n’ont pas voulu se souvenir: — voilà tout.Du reste, si quelque amateur déchiffrés ou de statistique financière dési-rait savoir, à quelques mille francs près, le petit revenu de cette philan-thropique administration, nous lui apprendrions, pour lui faciliter soncalcul, qu’il se fait par an dans ses’caisses un mouvement de fonds de....