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LE PALAIS-HO Y AL.
dorée el enrichie des plus magnifiques ornements, éclairée de seize chan-deliers de cristal, au fond de laquelle était un throsne pour la reine, dessièges pour les princesses, et aux deux côtés de la salle des formes pourles daines; tout ce meuble de gris de lin et argent. La reine passa sur cepont, pour s’aller asseoir sur son throsne, conduite par Monsieur; connueles princesses, les daines et les demoiselles de la cour, par les princes etseigneurs, lesquelles ne lurent pas plutôt placées, que la reine dansadans cette belle salle un grand branle avec les princes, les princesses,les seigneurs et les dames. Tout le reste de l'assemblée regardait à sonaise ce bal si bien ordonné, où toutes les beautés de la cour ne brillaientpas moins de leur propre éclat que de celui des riches pierreries dontelles étaient ornées et faisaient admirer leur adresse et leur grâce. Aprèsle grand branle, la reine se mit en son throsne et vit danser longtempsgrand nombre d’autres dames des plus belles el (les plus adroites de lacour. Enfin, si j’ai de la peine à me retirer de cette narration, dit l’au-teur contemporain, jugez combien il fut difficile aux spectateurs d’une sibelle action, de sortir d’un lieu où ils se croyaient avoir été enchantezpar les yeux et par les oreilles; lequel ravissement ne fut pas pour lesseuls Français ; les généraux Jean-de-Aert, Enkenfort et Don Pedro deLéon, prisonniers de guerre, en eurent leur part, ayant été conduits dubois de A'incennes. »
Que cette fastueuse citation suffise à la mémoire du cardinal, et à l’or-gueil du palais sur la porte duquel il avait inscrit son titre en lettres d’or.
En i(i45, le 7 octobre, Anne d’Autriche , régente du royaume, veuvedu roi Louis XIII , quitta le Louvre avec ses deux fils pour venir habiter lePalais-Royal . De toute cette vanité de Richelieu, pour ce monument dontil avait voulu que le pinceau de Philippe de Champagne fît un temple à sagloire, il ne resta pas même le nom; les héritiers du cardinal obtinrenten vain le rétablissement de la première inscription, le nom de Palais-Royal prévalut et fut conservé. Aux fêtes de la Régence, qui ne furent passans quelque splendeur, succédèrent bientôt les troubles de la Fronde.Le Palais-Royal était nécessairement le quartier-général de la Coin',pendant son séjour à Paris ; il fut aussi le centre des manifestations parlesquelles le peuple cherchait à effrayer la reine et le ministre contre le-quel se soulevait l’indignation publique.
Le Palais-Royal prend soin lui-même de ses titres historiques; lespages qu’il conserve dans ses galeries de tableaux, forment le sommairedes différents chapitres de son existence. Ainsi, la Alesse du cardinal deRichelieu,la Fondation de l’Académie Française et la réception des pre-miers académiciens, en février 1055; la Mort, le testament de Richelieuet le legs de son palais au roi Louis XIII ; l’Arrivée du cardinal de Retz,suivi d’une foule immense qui réclame à grands cris la liberté de lirons-