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;i l;i rue S:iiu I - lien is, eiilenl volontiers la nie fétide des Filles-Dieu.
Les imprimeurs et les lithographes du passage du Caire se livrentexclusivement à trois sortes de travaux, dont le besoin se fait générale-ment sentir, chaque jour :
Ils impriment ou lithographient des cartes de visite et des cartes derestaurant, des lettres de l'aire part pour les naissances, les mariages etles décès de la bonne ville de Paris .
L’industrie du passage du Caire continue à respecter la tradition desemblèmes ; elle est restée lidèle à la religion des souvenirs et à l'usagedes ornements symboliques : elle se plaît encore à représenter sur lesbillets de faire part , un mariage dans un amour qui regarde brûler uneflamme éternelle, une naissance dans une poupée au berceau, un décèsdans un bonhomme qui pleure au pieds du Temps.
^'oublions pas le petit commerce de la rue de Ctéry et de la ruellourbou-Yilleneuve, dans le voisinage de la rue du Caire : on y fabriquedes meubles de noyer et d'acajou , à l'usage des mariés, des avocats, deslittérateurs et des lurettes en espérance.
A quelques pas des rues et passages du Caire , sur la droite, se trouvela moderne cour des Miracles. Il est certain que l'espèce de place à quil'on a conservé ce nom, a l'ail partie autrefois du royaume du roi del'argot, mais rien en ce moment n’y rappelle plus les bouges immondesqu'habitaient les truands et les gueux du moyen-âge. Des bâtimentssomptueux et d’une architecture régulière le décorent aujourd'hui, et âl'entrée on voit écrit, en grandes lettres dorées sur un fond bleu d'azur,au centre d'une resplendissante enseigne : Cour des Miracles. 0 dix-neu-vième siècle !
Autre contraste : â l'entrée même de la Cour des Miracles se trouvela magnifique Typographie Lacrampe, établissement-niodéle d'où sortentchaque jour les chefs-d’œuvre dé littérature ancienne et moderne, illus-trés par nos plus grands artistes; ainsi, l’ancien refuge des vices les plushideux, de l’ignorance la plus grossière, est devenu un centre de lumières,de civilisation et de progrès!
La typographie Lacrampe, dont nous parlons, est une petite commu-nauté, une petite république du travail,de la persévérance et du courage;c'est là une association, dont l'histoire est à coup sûr fort honorable :en 1857, dix-neuf ouvriers se réunissent pour travailler, pour souffriret pour espérer eu commun; ils n’ont pas de brevet, et ils s’abritent sousla raison sociale d'un imprimeur breveté : ils amassent à grand'peine uncapital suffisant pour acheter trois presses, et les voilà qui se mettent atravailler à qui mieux mieux , avec un égoïsme qui embrasse les intérêtsde tous. Eh bien ! aujourd'hui la typographie Lacrampe occupe plus de«leux cents ouvriers et près de quarante presses; elle possède un matériel