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Tome premier.
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lingerie; ailleurs îles instruments de nmsii[ue suspendus, en guise deIwirpes éoliennes , à un squelette de marbre blanc qui étail l’œuvre de(’.ermain I’ilon ; plus loin, le tombeau de la dame Flamel.orné de figuresd'anges et de saints, servait d'étalage à des jouets d’enfant. Un des côtésdu charnier longeait la rue de la Ferronnerie, nommée précédemmentrue de la Charronnerie . Sur cette face du charnier était peinte la dansemacabre, parodie amèrementphilosophique des travers de ce monde, exé-cutée parla comédie delà mort, pour faire honte à la comédie des vivants.

Ua justice de la danse macabre était égale pour tous : c’était l’égalitédu cimetière. Les cardinaux, les princes, les évêques, les moines, lesavocats, les ménétriers, les reines, les bourgeois,les religieuses, les en-fants ; tout le monde passait, bon gré mal gré, par l’impitoyable satire dela danse macabre.

Devant, ce spectacle d’une originale bizarrerie, s’élevait, enl4‘29, un écha-faud que l’on aurait pu croire destiné à l’exécution de quelques hautesœuvres criminelles; cependant, du haut de sa plate-forme on ne faisaitjustice que du déréglement des mœurs contemporaines; c’était la chaire d’unprédicateur nommé le frère Richard, terrible et persévérant antagoniste duluxe ebdc la galanterie; le frère Richard ne cherchait point à convertir lespécheurs par l’onction d'une parole touchante et persuasive ; c’était pard'horribles imprécations qu’il attaquait le vice ; il le montrait.à nu,<il détail-lait en termes grossiers les scandales du temps ; il faisait retentir les nomsles plus illustres dans le bruit de ses orageuses prédications. Le frèreRichard sc plaisait à critiquer d'un ton sarcastique la toilette par troppaïenne des femmes. 11 effleurait de ses paroles railleuses leur beau seintout découvert, bondissant, disait-il, du plaisir qu’elles éprouvaient à lelaisser voir et à le faire adorer; il dénonçait à l'indignation chrétiennejusqu'aux échancrures démesurées de certaines robes, que les pécheressesn’avaient adoptées, suivant lui, que pour mieux inspirer les mauvaisespensées! le fougueux prédicant usait du bénéfice delà parole, commeun homme qui ne croit plus à la chasteté des oreilles de son auditoire;les sermons du père Richard seraient une excellente et précieuse con-sultation historique, pour l’historien qui voudrait entreprendre l’étudefidèle des mœurs du xv' siècle.

Si l’art ne brillait pas précisément dans la disposition , dans l’arran-gement du cimetière et du charnier des Innocents, il n’était pourtant pasimpossible d’y découvrir, çà et là, le goût et l’inspiration des artistes ; in-dépendamment de quelques tombeaux d’une belle exécution, on y pouvaits'agenouiller au pied d’une croix ornée d’un bas-relief sculpté par JeanDonjon, et qui représentait le triomphe du Saint-Sacrement; le citadinattardé, qui passait devant le cimetière après l’heure du couvrefeu, s’ar-rêtait quelquefois pour regarder en frémissant une mystérieuse flamme qui

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