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Tome premier.
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MANCHE DES INNOCENTS.

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combattaient pour h* droit, contre les défenseurs de l'arbitraire el del'oppression. Mais le triomphe coûta cher aux phalanges populaires; Dieu seul sut le nombre des victimes qui ont reposé prés de dix ans au milieud'un marche, dans une halle, défendues à peine du piétinement de laIonie par une fragile barrière ; sans doute, il vous souvient d'avoir vucelte petite enceinte funèbre, où l’on avait enseveli pèle-mèle, dans un

linceul de chaux, les amis et les ennemis.Mais la mort ne proteste

point contre de telles mésalliances, el c’est un grand pacificateur que lerepos de la tombe !

Un mot encore : au sud du marché des Innocents s’étend la rue de laFerronnerie où le seul roi dont le peuple ait gardé la mémoire avant Na-poléon mourut d'un coup de celte arme fanatique dont la poignée est àNome et la pointe partout, selon l’ingénieuse et expressive parole d'unavocat illustre. A l’ouest est située la petite rue de la Tonnellerie, où na-quit cet admirable précepteur du genre humain, dont le nom glorieux a

manque a la gloire de l’Académie française.En Italie, on montrera

dans vingt siècles le toit sous lequel le Dante vil le jour; chez nous, laspéculation a déjà enseveli dans la poussière îles grabats, le berceau denotre immortel Molière ; seulement, sur la façade d’un bâtiment toutneuf, et qui donne des revenus superbes, sans doute, vous pourrez voirà grand’ peine le buste lilliputien du poete comique de Louis XIV ; l’ar-chitecte qui a bâti cette vilaine maison boqrgeoise, a eu la bonté d’écrireau-dessous de l’image d'un grand homme que là fut la première demeurede l’auteur du Tartufe el du Misanthrope ! C’est ainsi que l'on entenden France le culte des souvenirs et de la poésie! Au nord du marché desInnocents, s’élève Saint-Euslache, un autre vous racontera l’histoire decette église, où vous lirez l’épitaphe de Cheverl, et qui, durant la papautéthéophilautropique du directeur Laréveillère, fut consacrée à cette moralehocagère et fleurie que Napoléon appelait une religion en robe de chambre.

Une église, un empereur.et la religion de Laréveillère !.C’est ainsi

qu'a travers les graves péripéties, dramatisées par la chronique des ruesde la grande ville, le plaisant se mêlera parfois au sévère, 1‘allegro vien-dra après Vamiante, le vaudeville après la comédie, el la bouffonnerie aprèsle drame; à ces conditions, nul n’aura le droit de nous dire, en parlantdes chapitres d'un pareil livre:

L’cimui naquit ou jour de l’miit'ormilé.

C. TorenAun-L\rossi-:.