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I.e spectateur qui examine en artiste cette rue, s’aperçoit dès l'abordde la variété pittoresque des constructions qu’elle présente : c’est un papil-lolement de maisons, grandes, petites, vieilles, neuves, construites d’hierou bâties il y a trois siècles, blanchies à la chaux ou peintes en ocre, bis-trées par le temps ou enluminées à leur base. Le regard se perd danscette diversité, dans celte profusion de détails, et ce n’est qu’après quel-ques instants d’examen que l’on arrive à pouvoir embrasser l’ensemble.La, comme dans la Lbaussée-d’Anlin, tout ne se nivelle pas sous un mo-dèle à peu près uniforme; là, chaque maison a sa date, son cachet, sonpittoresque, depuis le bouge à façade vermoulue et à porte écrasée, oùpullulent des chiffonniers, jusqu’au bâtiment coquet et commode où seprélassent de petits bourgeois.
El si vous pénétrez dans l’une des ruelles qui se dégorgent, dans cegrand réservoir, dans celle de Saint-Médard, par exemple, vous aperce-vez, dès votre entrée, un tas de masures déchiquetées et puantes, des ma-sures à contrevents pourris et à vitres de papier graisseux, des croiséesd’où sortent de longues perches de bois surplombant sur la rue, et des-quelles pendent en loques de vieilles guenilles et de sales baillons. Dansles lézardés des murs sont fichés des crampons (pii supportenUles grappesde vieilles bottes et des couronnes de vieux chapeaux ; puis, brochant surle tout, des hottes indicatrices se pavanent à leur aise au-devant desportes, ou jonchent en désordre le sol. Enfin, si votre regard veut péné-trer dans l’intérieur de ces habitations, alors, au travers des mille débriset des clinquantes ferrailles qui en tapissent l’entrée, vous pourrez décou-vrir, se mouvant entre des amas de dégoûtantes vieilleries, un ou plu-sieurs de ces industriels nocturnes connus sous le nom de chiffonniers.
En continuant de descendre la rue, après avoir dépassé l’église Saint-Médard , vous avez un aspect plus étrange, peut-être : ici les maisons serapprochent on s’éloignent capricieusement, tantôt verdâtres et chétivescomme des huttes, tantôt hautes et élégantes comme dans les beauxquartiers. En certains endroits, on dirait d’un ravin de pierre percé delucarnes, tant le pavé est inégal et tant les gouttières surplombent sur lepavé. Le tout amalgamé et flanqué par des restes de vieilles construc-tions, par des enclos à bois, par des débris de murailles ou par des ter-rains encore à bâtir.
Telle est, dans son ensemble, l’impression que produit cette vieillerue de Mouffetard qui. d’un côté, débouche aux abords du Panthéon ,et de l'autre, se perd dans les terrains que limite la barrière de Fon-tainebleau.
Loris Bf.iiuek.