S A 1 .N T - II0 N 0 I! K.
ô."
l.c drapier paciliipie écoutait toutes ces balivernes du fond de soncomptoir avec un flegme tout bourgeois; il se consolait bravement, aufond de son âme pleine de morgue et d’insolence, du mépris des nobles:il songeait aux moyens de défense et de sûreté que leur avait accordésMarcel, le prévôt de Paris , eu faisant fixer aux angles des rues d’énormeschaînes de fer qu’on tendait la nuit pour arrêter les déprédations desseigneurs, des universitaires cl des malfaiteurs. Quelquefois aussi, pen-dant ces muettes vengeances du lourd personnage, un joli bras de femme,blanc et potelé, agitait un mouchoir à quelque étroite fenêtre, percéeau-dessus du porche, et l'on voyait disparaître aussitôt du milieu de larue quelque écolier ou quelque jeune seigneur qui allaient par les ruellesdétournées ajouter aux griefs des gros drapiers.
Il y eut ainsi dix siècles d’injures et d’outrages pour eux; et après cesdix siècles, ils eurent à leur tour une terrible année de vengeance quilava tout!
Le sang couvrit la honte, et les plébéiens bâtards se légitimèrent eneffarant les noms et les écussons armoriés de leurs persécuteurs, aux crisfrénétiques d 'cyulité et de liberté!,..,
Le malin, une heure après l’ouverture des boutiques, on entendait lavoix glapissante du barbier-étuviste, près de cette fontaine de l’Arbre-Sec, à la croix du Trahoir (*joù un cheval indompté s’arrêta, dit un vieilhistorien des temps passés, 1*. Malingre, je crois, après avoir brisé et
foulé aux pieds la malheureuse reine Brunehaut.A cet endroit, si plein
de souvenirs, on entendait ces cris:
Scignor, quai- \ous allez baingnier
El estmer sans délayer.
Ei bains sont chaut, c’esl sanz mentir (").
En ce moment, on voyait plus d’un libertin couvert d’une cape oud’une mante sombre se glisser rapidement dans la rue des Etuves, tournerla tète avec anxiété et se précipiter dans le célèbre établissement de bains
(‘) Guilloi dit :
.)Jès par la crois de TirouorVing en la rue de Neele,
N’avuie ne lambour, lie vicie.
On ne sait trop de quel nom la qualilicr. Le vieux Sauvai s’abandonne, à son sujet, à unedissertation savante. Ce qu’on sait seulement, c'est que la, de temps immémorial, était un gibet.
La rue de Neslo était celle qu’ou nomme aujourd'hui lu rue d’Orléans-Saiul-llouoré. Les sei-gneurs de Nesle, qui y avaient leur hôtel, le vendirent à Jean de Luxembourg, roi de Bohème,qui lui donna son nom. Enlin, cet hôtel fut acheté de nouveau par Louis de France, duc d’Or-léans , fils de Charles Y. Sur ses ruines on a bâti la halle au blé.
(**) Les crie ries de l*a ris, par (lui II mine de la Villeneuve. —Fabliaux recueillis par Hurbazau