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Tome premier.
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RUE NEUVE-RES- PETITS- Cil AMIS.

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de Henri IV , jusqu’au Louvre chargé de l'architecture de tous les âges,lequel aliénait auxTuileries, grand verger qu’on plantait de beaux arbresfruitiers et de vignes d'Kspagnc en espaliers que le Midi fécondait de saliéde haleine.

Partout, Paris militaire offrait, autour de ses richesses, de redou-tables moyens de défense ; au dedans, Paris bourgeois pressait ses ruesétroites, fermées de chaînes puissantes que venaient mordre aux tempsd’émeutes les archers du roi et les collecteurs d'impôts; et dans ces ruesétroites combien le voisinage de fenêtre à fenêtre était favorable à l’u-nion des lions citadins.

On se connaissait tous comme francs amis et compères de la mêmerue; on se disait, à travers l’huis, toutes les nouvelles du jour : — sile roi était arrivé dans sa bonne ville; — si le parlement tiendrait saséance; — s’il y avait mariage ou fête à la paroisse, — mortalité en lacité, ou peste et famine en quelque ville lointaine ; — et si l’émeute allaitgronder.

Quand les vieillards de Sainte-Avoie et de la Mortellerie voyaient bâtirles larges rues du Marais, tous ces quartiers neufs de magistrature et denoblesse, ils disaient en hochant la tête ;

« Allez donc, lions bourgeois, faites rues larges et bien pavées ,abattez maisons à tourelles, afin que les gens du roi puissent, bien etduement, vous arracher, un à un, tous vos privilèges, et frapperdur sur vos gaules bourgeoises; démolissez vos bornes et vos chaînes,bâtissez maisons découvertes, pour qu’on puisse sans gène tirer survous ! »

A côté de la rue Traversière s’ouvre celle des Frondeurs, qui monte auconfluent des rues d’Argenteuil , l’Évêque et Sainte-Anne. Son nom rap-pelle en 165‘2 un fameux duel de cette bizarre époque, où l’on vit unprélat libertin jouer en raccourci le rôle de Catilina et, par ses ridiculesexploits, prêter une face comique à la guerre civile. Ce duel fut celui duRoi des Halles avec le duc de Nemours .

Ce personnage était né avec toutes les qualités du corps et de l’espritqui peuvent séduire le peuple, l’etit-lils de Henri IV, François de Ven-dôme , duc de Beaufort, en avait le courage; mais c’est tout ce qui lui enétait resté ; encore n’était-ce pas le courage des héros, mais cette bra-voure factice qui s'étourdit sur les dangers plutôt qu’elle ne les mé-prise, et qui succomberait peut-être si elle les considérait. De grandscheveux, très-blonds, qui lui descendaient sur les épaules et qui pa-raient sa mine efféminée, lui donnaient plutôt l’air d’un Anglais que d’unFrançais ; ses expressions, aussi basses que celles des balles, le ren-daient encore plus charmant que sa ligure aux yeux de la populace, dontil était l’idole. L’espèce d’adoration qu'elle lui avait vouée, l’aurait