Band 
Tome premier.
Seite
370
JPEG-Download
 

PLACE LOIIS XV.

r>7o

Je ne demanderai i>us si Marseille a été mise sous les yeux du ministrede la marine pour lui rappeler les graves exigences de la Méditerranée;si lires!, qui, tant bien que mal, représente l'Océan, ne trouble pasparlbis son sommeil; je sais seulement qu’il y a une de ces statues,la reine de tontes, qui fait battre le cœur comme si c’était une femme,la belle des belles, peu importe le nom, propriété banale qu’un autrePhidias a etalée aux yeux de tous, sans avoir la conscience de sonœuvre, sans se douter qu'au milieu de la foule elle a fait une passion apart, qui vient se briser contre une pierre et ne croit pas à la fable dePygmalion. Révolutions à venir! brisez toutes les autres, si bon voussemble, mais respectez celle-là, il faut qu’elle vive pour conserver auxsiècles futurs l’idée de la grâce et de la forme, ainsi que nous la donnentles restes mutilés de la Vénus de Milo ! Somme toute, ce n’est que l’i-mage d'une ville : Strasbourg , je crois. Heureux ceux qui y entrent; heu-reux ceux (pii en sortent sans souvenir et sans regret !

Passons aux Invalides , si nous voulons nous guérir de ces mauvaisespensées esthétiques. Pauvres vieux! le 15 décembre 1840 fut un grandjour pour vous. J’ai cru que les lions qui veillent à la porte des Tuileries allaient rugir, que les chevaux de marbre allaient enfin s’échapper, (|uel’Ecole militaire, que la colonne de la place Vendôme, que l’Arc-de-Triomphe, voire même la grande perpendiculaire qu'on appelle l’Obé-lisque , se mettraient en branle pour aller au-devant des cendres de.Napoléon . Rien n’a bougé et le calme plat est passé sur celte tempêtede souvenirs. L’apothéose est consommée, à d’autres maintenant; queles destins s’accomplissent ! Tu. Ruhette.