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Tome second.
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avec de tendres paroles de charité et d'espérance; c’était, dit M. CharlesNodier :« le repas libre des anciens, adouci par les mœurs évangéliques.»

J'allais oublier le couvent du Saint-Sépulcre, ou l'hôtel de la Trinité,bâti en 1525 pour les pèlerins qui allaient en Orient ou qui en reve-naient. Bientôt le saint Sépulcre étant tombé au pouvoir des infidèles,les pèlerins ne partirent plus. Que devint le couvent? En 1402, lesbourgeois de. Paris , maîtres maçons, menuisiers, serruriers, marchandsl'errants et autres gens de piété bruyante, après avoir, les jours de fête,représenté les scènes les plus dramatiques du Nouveau -Testament ,depuis la conception jusqu’après la résurrection, obtinrent du roiCharles VI, à la suite d’un procès avec la prévôté de Paris , des lettres-patentes érigeant hoir société en confrérie de la Passion, et lui con-cédant le privilège de jouer Dieu le Père, Dieu le Fils, l'autre Dieu ,la Vierge, les saints, enfin, tous les habitants du paradis, ils s'instal-lèrent vers la seconde porte Saint-Denis , en l’hôtel de la Trinité. Cesgrotesques parodies de la divinité étaient recommandées au prône commede bonnes œuvres. Les fidèles sortant des vêpres se précipitaient vers laTrinité; l'affluence était grande, les théâtres d’aujourd’hui n’offrent passouvent à leurs portes une queue aussi respectable. Le saint théâtreétait de plusieurs étages : au rez-de-chaussée l’enfer, au premier étagela terre, au deuxième étage le paradis. L’orgue et la prose des églises compo-saient l’orchestre : c’était là l’Opéra du xv' siècle. Les décors et les vête-ments étaient pareillement empruntés aux églises ; la plus belle chasubleétait pour Dieu le Père, à tout seigneur tout honneur. Le fond du paradisétait peint par Guyon-le-Doux ; c’était, disait-on, le plus beau paradis dumonde; Guyon-le-Doux disait lui-même, dans sa naïve admiration pourson œuvre : « Jamais né verrez un si beau. » Dans ce théâtre, s’il y avaitunité de lieu, il n’y avait pas tout-à-fait unité de temps. Le mêmemystère représentait la nativité de Notre-Seigneur et le martyre de Saint-Denis , qui s’en allait en chantant jusque dans l'église, quoiqu’il eût la têtecoupée. » Dans le mystère de l’Apocalypse, les agents de Domitien s’em-barquent à Rome pour Ephèse, où saint Jean prêche le peuple, et pen-dant qu'ils passeront parlera l’enfer , c’est-à-dire Lucifer , Astaroth, Satan,Burgibus, que l’approebe d’une persécution met en gaîté. Dès qu’ils ontpris l’apôtre, les tyrans se rembarquent avec lui pour Rome . Ici entrenten la nef et pendant leur navigation parlera paradis, c’est-à-dire Marie ,Jésus et Dieu le Père. » (Sainte-Beuve, Histoire du théâtre français .)

Durant plus d’un siècle, les confrères de la Passion jouèrent les pieusesfarces, les grotesques mystères, en l'hôtel de la Trinité. Ainsi, le pre-mier théâtre français fut ouvert dans la rue Saint-Denis. Plus tard, leberceau de l’opéra-comique et du vaudeville se trouvera à la foire Saint-Laurent, dans la rue du faubourg Saint-Denis; là s’épanouira dans toute