Band 
Tome second.
Seite
18
JPEG-Download
 

IX R U F DF LA V 1 CTO 1 U F.

sur les marais beaucoup de vice et beaucoup dargent: c'était unecorruption nouvelle.

Il y avait, tout près des lorcberous, un mollette, un chemin boueux,un véritable égoûtqui devait jouer un beau rôle dans lhistoire de Taris,dans rhistoirede la France : la nielletteau Marais des Poreherons se nom-mait, en I7ôi, la Ruelle des Postes; mais bientôt, en voyant sélever lequartier magnifique de la Chaussée-dAnlin, la ruelle des Testes voulutêtre une rue: le souvenir des grenouilles, qui avaient chanté, qui avaientcoassé dans les marais du voisinage, servit à 'ser la rueChantereine.

La rue Chantereine et la rue du Rocher sont les deux tilles aînées, lesdeux tilles jumelles delà Chaussée-Caillou ou dAntin ; elles vinrent aumonde sur le plan de Taris, en 1755 ; leurs premières années furentassez tristes : elles ne commencèrent véritablement à vivre quen 17 / iO.

Cette belle et bienheureuse Chaussée-Caillou ressemble à lhéroïnedune histoire romanesque : elle fut protégée par un prince, beau commele jour, et qui était le roi de France ; elle fut heureuse, riche, brillante,et pour comble de bonheur, elle eut. beaucoup denfants : la rue Chante-reine et la rue du Hocher, en 1735 ; la rue de Trovence, qui naquiten 177G sur un égout; la rue Neuve-des-Matlmrins en 1778; la rue deJouhcrt. en 1780 ; la rue Saint-Nicolas en 178i ; la rue Caumartin en 178C»,et bien dautres rues qui ouvrirent leurs fenêtres à la lumière avant,pendant ou après le règne de Louis XVI .

Jai hâte de pénétrer avec vous dans la rue de la Victoire; mais vrai-ment ! les rues qui environnent la rue Chantereine sont si nombreuseset si galantes, elles me semblent si riches en souvenirs dune curieusehistoire, que je vous demande la permission de faire un peu lécolebuissonnière, à travers le quartier de la Chaussée-dAntin.

Lon a déjà parlé, dans ce livre, de la célèbre mademoiselle Cuimard ;mais, par les baladines sans esprit qui sautent sur les théâtres daujour-dhui, on ne saurait trop parler d'une spirituelle danseuse qui dansait sur* un théâtre dautrefois : mademoiselle Cuimard, cette charmante Ranaïdequi versait à pleines mains, dans des gouffres insatiables, dans le luxe,dans le caprice, dans le plaisir, les Ilots dor et dargent de M. de Sou-bise, lit construire en 1772, dans la rue de la Chaussée - dAntin, unhôtel et un théâtre dont les ornements étaient adorables; le peintreFragonard avait passé par, et Fragonard était un artiste délicieux, undécorateur païen qui excellait à évoquer, sur la conque marine de sapalette, les Amours mal appris et les Vénus mal habillées.

Le prince de Souhisc songea tout naturellement à se rapprocher dutemple de Terpsieliore, quil avait donné à la sultane-favorite; il installason harem dans la rue de lArcade, et le maréchal-sultan y mouruten 1787.