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hommes (le troupes réglées, dix mille marins, quatre cents hàliments detransport et soixante-douze bâtiments de guerre. Le vaisseau-amiral,VOrient, monté par Brueys et Bonaparte mit à la voile le 1!) mai, et lesprouesses fabuleuses des soldats de la république allaient recommencerde plus belle. Le 10 juin, Napoléon s’avise de prendre Malte en passant,et pour se faire la main; le 1" juillet, il débarque sur les côtes d’Egypte ,s’empare d’Alexandrie et marche sur le Caire; le 21, il gagne la batailledes Pyramides , en présence de quarante siècles qui le contemplent; le25 juin 1790, il écrase les ennemis dans la plaine d’Aboukir, et le16 octobre, il est de retour à Paris , dans sa maison de la rue de la Vic-toire, où il va préparer le scénario politique du 18 brumaire.
Le matin du 19 brumaire, Fouché, Siéyès , 'l'alleyrand et Moreau vinrentprendre les derniers ordres, les dernières instructions du général Bona-parte . A dix heures, des cavaliers armés qui se nommaient Sébastiani.Latines, Berthier, Murat et Lefebvre se promenaient dans la rue de laVictoire, en répétant à liante voix : « 11 faut jeter les avocats à la rivière ! »Bientôt une porte cochère s’ouvrit avec violence; Napoléon , revêtu deson costume de général et monté sur un magnilique cheval arabe, saluade la main les promeneurs, les cavaliers qui étaient ses amis et ses com-plices ; il se plaça bravement à leur tète; il regarda tour-à-Lour deuxpistolets qu’il portait à sa ceinture, et un sabre turc qu'il avait suspenduà sa taille par un petit cordon de soie rouge; enfin, Bonaparte donna lesignal du départ, et cette petite armée d’ambitieux se mit en marchepour aller faire la difficile campagne de Saint-Cloud .
La rue de la Victoire perdit pour toujours, au 18 brumaire, le grandhomme qui l’avait anoblie par le souvenir glorieux de ses premierstriomphes. En le voyant s’installer, avec sa nouvelle puissance, dans lessalons du Luxembourg, et plus tard dans le château des Tuileries , ellene songea pas à garder rancune au soldat ambitieux qui venait de laquitter sans la prévenir. A chaque bataille du consulat et de l'empire,la rue de la Victoire s’empressa d’ouvrir toutes ses fenêtres, pour mieuxentendre la voix des crieurs publics qui annonçaient les prodiges héroïquesde Bonaparte et de Napoléon . Mieux que cela, vraiment !.. un jour du moisde juin 1815, la rue de la Victoire, tidèle à la gloire de l'empereur et del’empire, essaya de s’endormir avant la nuit, afin de pouvoir douterencore, jusqu'au lendemain, de la défaite suprême de Waterloo .
En 181G, la rue du Mont-Blanc , la rue Cérutti et la rue de la Victoirereprirent, bon gré, mal gré, leurs anciens noms de baptême; elles selaissèrent appeler de nouveau : nie de la Chaussée-d’Antin, rue d’Artois,rue Chantereine ; des étrangers, des cosaques, des traîtres et une Bes-lanration venaient de passer par là!
Après la mort du maréchal Ney, la famille de l'illustre et malheureux