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— One peuvent vos vaudevilles? reprit, le critique; c’est, par leurspropres petitesses que les grands hommes se perdent. Voici une lettrequi fera plus de tort au caractère de Voltaire , que tout ce que nousavons, vous chanté, moi écrit; et il lutàl’iron cette épître adressée à lareine :
« Madame,
» Je me jette aux pieds de Votre Majesté: vous n’assistez aux spec-» taries que par condescendance pour votre auguste rang, et c’est un» sacrifice que votre vertu fait aux bienséances du monde; j'implore» celle vertu même, et je la conjure, avec la plus vive douleur, de ne pas» soullrir que les spectacles soient déshonorés par une satire odieuse» qu’on veut faire contre moi, à Fontainebleau , sous vos yeux. La tra-» gédie de Sémiramis est fondée, d’un bout à l’autre, sur la morale la» plus pure, et par là, du moins, elle peut s’attendre à votre protection.» Daignez considérer, Madame, que je suis domestique du roi, et par cou-» sêquent le vôtre. »
— Ceci est bas, dit l’iron, qui avait, le sentiment de la dignité deslettres. — Continuons, reprit Fréron , avec un sourire sardonique.
« Mes camarades, les gentilshommes ordinaires du roi, dont plusieurs» sont employés dans les cours étrangères, et d’autres dans des places» très-honorables, m’obligeront à me défaire de ma charge, si j’essuie,» devant eux et devant toute la famille royale, un avilissement aussi cruel.
» Je conjure Votre Majesté, par la bonté et par la grandeur de son âme,» de ne pas me livrer ainsi à mes ennemis ouverts et cachés, qui, après» m’avoir poursuivi par les calomnies les plus atroces, veulent me perdre» par une llétrissure publique. Daignez envisager, Madame, que les pa-» rodies satiriques ont été défendues à Paris pendant plusieurs années :
» faut-il qu’on les renouvelle pour moi seul, sous les yeux de Votre» Majesté? Elle ne souffre pas la médisance dans son cabinet; l’autori-» sera-t-elle devant toute la cour? Mon, Madame, votre, comr est trop» juste, pour ne pas se laisser toucher par mes services et par ma dou-» leur, et pour faire mourir de honte un ancien serviteur, le premier sur» qui sont tombées vos bontés. Un mot de votre bouche, Madame, à» M. le duc de Fleury et à M. de Maurepas, suffira pour empêcher un» scandale dont les suites me perdraient. J’espère de votre humanité» qu’elle sera touchée, et qu’après avoir peint la vertu, je serai protégé» par elle. »
— Eh bien ! dit Fréron , à votre tour, que dites-vous de tout cela ?—Jeveux être de moitié dans la ’’ .—11 est incorrigible,répliqua Fréron .
Voltaire rentra en ce moment avec Palissot; il courut à la table: neretrouvant, plus son brouillon de lettre, il se retourna et reconnut Fré-ron ; il devina la main (pii s’était emparée de son écrit; mais afl’cc-
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