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carrosse, (Unis la rue de l'Anrieime-Coniédie, pour applaudir, en riant,à celle préface en action du livre révolutionnaire, où le peuple devaitécrire pins tard, avec du sang, les péripéties d'une terrible histoire; lesamis les plus dévoués, les défenseurs les plus courageux, les courti-sans les plus sincères de la monarchie et de la noblesse, avaient hâted’assister au spectacle d’une vengeance littéraire qui bafouait, en public,l’esprit monarchique et l’esprit aristocratique.
Oui, les grands seigneurs de Louis XVI avaient la bonté de vouloir rireavec le seigneur Ahnaviva ; les juges voulaient absolume es jouât,
sous les apparences de... de... de... Bridoison ; les nobles dames deVersailles tenaient beaucoup à recevoir une dernière leçon de galanterie,dans le boudoir delà comtesse Bosine; les maîtres consentaient à sefaire bétonner par un sémillant valet de comédie, qui avait besoin deprendre plus d’une revanche; la cour toute entière sentait généralementle besoin d’aller se morfondre sous les t naronniers, et de se faire duperpar ce coquin de Figaro .
A l’issue de cet étrange spectacle, la rue de l’Ancienne-Comedie vitdéfiler, au grand galop, le convoi de l’aristocratie, qui venait d’expirerdans la salle de l’Odéon, sous les brocards d’un homme du peuple, d’unhomme de lettres, d’un homme de rien, qui se nommait Caron de Beau-marchais .
Ce fut, je le crois , à celte époque que des poètes eurent l’honneur debaptiser de leurs noms quelques nouvelles rues de Paris : on vit un beaumatin, autour de la place du nouveau théâtre, la rue Corneille, la rueVoltaire, la rue Racine, la rue Molière, et sans doute, une semblableinnovation scandalisa les quarteniers, les dizeuiers et autres officiers del’IIÔlel-dc-Ville.
Pendant la révolution de 95, la rue de l’Ancienne-Comédie fut traver-sée bien des fois par des passants qui n’étaient rien moins que les nou-velles puissances du jour : ce n'étaient plus les beaux-esprits, les espritsforts, les génies railleurs, les petits marquis et les petites marquisesdu xvm' siècle monarchique; non, les passants dont il s’agit étaient desillustrations révolutionnaires, qui s’en allaient visiter un horrible tribun,dans une rue voisine; et bien souvent, la rue de l’Ancicnne-Comédie en-tendit de loin, la voix formidable de Danton qui appelait son ami Marat !
l’n matin, la rue de l’Ancienne-Comédie vit passer une jeune et bellefille, une provinciale qui arrivait de son village, et qui se nommait Marieou Charlotte, comme il vous plaira : Charlotte marchait dans la foule,sans trembler mais non pas sans rougir; elle disparut soudain, audétour de la rue de l'École-de-Médecine; elle chercha des yeux le numérod’une vilaine maison habitée par un impitoyable personnage de la tragé-die contemporaine; elle frappa tout doucementà la porte de cette maison.