I‘LA CK SAINT-GEILMAl.N - L'ALXEHIIOIS
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dées, et le chapitre s’enrichit de nombreuses redevances. Aussi voyons-nous qu’au commencement du xv' siècle, pendant la domination desAnglais dans Paris , l'église subit une nouvelle transformation, et elle ysubvint par ses propres ressources. Quoi qu'aient pu prétendre quelquesécrivains qui croient voir dans le monument qui reste des traces de laréédilicalion faite par ItoherL II, nous sommes disposés à admettrequ'il ne faut y chercher aujourd'hui que l’œuvre du xm', du xiv” et duxv* siècle. Cette dernière date apparaît d’une manière incontestable dansle porche et le vestibule du portail, qui présentent tous les caractères dugothique Henri encore pur, ou gothique rayonnant. 11 est à croire qu’àdater de celle époque les modifications à la partie extérieure de l'édificefurent peu importantes. Sous François 1 ", un peu plus d’un siècle après,on se borna, selon toute apparence, à des réparations intérieures.Pierre Lescot, l’illustre architecte du Louvre, sous Henri II , et l’im-morlel Jean Goujon , élevèrent le jubé, qui fut détruit en 17f4, lorsquele chapitre de Saint-Germain-l’Auxerrois fut réuni à celui de Notre-Dame ;l’église cessa alors d’être collégiale; mais riche des dons des rois, ellene perdit, rien de sa splendeur. On y admira longtemps des pages desmailles illustres et plusieurs tombeaux dans le goût de la renaissance.Malherbe, madame Dacicr, Caylus, le célèbre antiquaire , y furent en-terrés.
Sans pouvoir être rangée au nombre des grandes créations de 1èregothique, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois est un beau monument.Avec quelques-uns des caractères des églises de transition, lesquelss'expliquent en raison de ses transformations successives, elle a, à 1 in-térieur surtout, de la beauté dans sa simplicité. La disposition qu'on yvoit, d'une liante nefaccoinpagiiée de quatre collatéraux aux voûtes assezbasses, rappelle les monuments romano-byzantins des siècles antérieurs ;mais la nef du milieu est hardiment voûtée; les piliers sont élancés, lesfenêtres, dont l’ogive surbaissée s’appuie sur des montants très-sveltes,sont liantes et lumineuses, et Ton reconnaît à ces indications les datesplus récentes.
Après tout, ce qui nous paraît le plus imposant devant celte œuvredu passé, c’est encore le souvenir; la générosité fastueuse du roi pourl’orgueilleuse soumission du prêtre, s’est écrite en durables caractèressur la face des monuments; et la pierre des sanctuaires glacés s’estusée sous la sandale des reines. Quel dialogue séculaire entre l’église etle palais ! quel long échange de puissance sur les choses, et de domina-tion sur les hommes ! Enfin, il est un fait à méditer, parce qui se retrouvedans toutes les histoires : la croyance est la mère des civilisations; lessociétés s’organisent d'abord sous la loi religieuse : la tour des roischerche, pour s'élever, le voisinage de la maison de Dieu .