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propre plan, jeta les fondements de ce qu'on appelle aujourd'hui le VieuxLouvre.
Sous Henri II , ces travaux furent activement continués. L'édifice serégularisa : Jean Goujon y laissa l'empreinte de sou génie. C'est à l'œuvremême que le Phidias français devait, bientôt tomber, victime de quelqueliasse et envieuse inimitié, sous la halle d'un assassin de la Saint-Barthélemy . Quoique dès-lors le Louvre formât un ensemble complet,plusieurs parties des constructions de Pierre Lescot lui-même ont étémodifiées, surtout du côté de la Seine , où un corps-de-logis faisait sailliejusqu’au bord de l’eau.
Quand Charles IX monta sur le trône, les grands travaux étaient pres-que achevés; mais on travaillait encore à des décorations de détail. Sousle règne de ce prince, le Louvre reçut de nouveau un de ces hôtes illus-tres, dont le passage laisse trace partout dans la mémoire des hommes.Le cardinal d'Este vint à Paris : parmi les gentilshommes de sa suite, onavait remarqué- tout d’abord un jeune seigneur à l’œil fier, à sa noble fi-gure; un de ces hommes dont le front, semble fait pour une couronne,et qui, à défaut de couronne, y portent, dignement un rayon divin: legénie.
Charles IX , au milieu de sa cour assemblée , et comptant, autour de luitous les poètes delà Pléiade, dont il avait fait ses amis, fit un accueilbrillantau cardinal-prince. Lorsque ce dernier, qui présentait tour-à-tonrles personnes de sa suite, prononça, avec un sourire d'orgueil, le nomde Torquato Tasso, le roi de France se leva et salua le premier.
Le Tasse trouva dans toute la cour les sympathies les plus vives. Ilon-sard , que le roi s’honorait d'appeler son maître en poésie , se lia de laplus vive affection avec le poète italien; et pendant les quatorze mois deséjour que ce dernier fit en France , les plus nobles et les plus illustresamitiés s'empressèrent autour de lui.—-Le cardinal d'Este ne sut cepen-dant pas résistera de petites jalousies d'amour-propre; inquiet de, l'in-fluence que le roi lui-mème accordait au génie, il en vint vis-à-vis du Tasseà une froideur dont le poète, doué d’une sensibilité exaltée, fut profondé-ment affligé ; il y eut même un moment, où la pénurie du Tasse en vint àce point, qu'il fut réduit à emprunter un écu. C’est donc avec de l’amer-tume dans l'âme qu’il repartit pour l’Italie , en janvier 157‘2. Toutefois ilgarda des bontés de Charles IX un durable souvenir. Heureux le poète,si le laurier du génie l’eût préservé de la foudre ! Heureux le roi, si les no-bles instincts qu’il puisa quelques fois dans l’amour éclairé des lettres,lui eussent donné le courage de résister aux sinistres suggestions, auxépouvantables exemples dont sou inexpérience fut, entourée ! Catherinede Médicis , dont le souvenir se dresse comme un spectre fatal sur leshauteurs de l'histoire, Catherine n'avait que trop bien réussi dans foeii-