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PLACE DU U) U VUE,
qu elles ont tout en commun: leur antique orgueil comme leur modernedélaissement. 11 nous reste maintenant deux épisodes de l’histoire à enre-gistrer ici ; et c'est vraiment bien de l'histoire, toute contemporaine, toutepalpitante encore. Après les fastes des rois, les fastes du peuple, le nomde la révolution a dû s’inscrire sur les œuvres de la monarchie. Malheu-reusement pour l’art, l’idée révolutionnaire remue plus les idées que lamatière; elle édifie dans le monde, moral avant tout; et jusqu’à présent,en fait de monuments, elle a plus détruit que fondé. Son tour viendra sansdoute; il ne faut pas demander aux jours du combat l’orgueilleuse pros-périté du lendemain des victoires. A la révolution de juillet 1850, les deuxplaces furent le théâtre de scènes sanglantes ; le peuple avait commencédepuis longtemps l’attaque de la colonnade défendue par un bataillonSuisse , (pii soutint avec vigueur un feu meurtrier. Après de longs efforts,le peuple s'empara du Louvre ; Voici comment l’événement s’accomplit; lemaréchal duc de llaguse avaitenvoyé des Tuileries un bataillon nouveau,pourremplacercelui quiavait supporté une fusillade de plusieurs heures.L’aide-de-camp qui dirigeait ce mouvement, arrivé au Louvre, lit des-cendre les troupes qui combattaient, avant de faire monter celles qu’ilamenait. Le peiqde voyant cesser le feu des soldats, crut qu’ils désespé-raient de leur position e "'s abandonnaient la place. Quelques jeunesgens, quelques enfants, montèrent à l’assaut, et parvinrent au péristylede la colonade. Plusieurs assaillants les suivirent, et l’on commença, desfenêtres du Louvre, à tirer dans la cour sur les Suisses ; ceux-ci inquietset surpris de cette nouvelle attaque, crurent la partie perdue et se retirè-rent. Le lendemain on ramassa les morts. Un prêtre de Saint-Germain-l'Auxerrois bénit devant la colonnade, la sépulture commune où vain-queurs et vaincus furent couchés ensemble. Une croix s’éleva sur ce ter-rain, clos d'une ignoble balustrade de bois, et ce cimetière improvisegarda les victimes jusqu'à la translation de leurs cercueils sous la co-lonne funéraire de la Bastille. Sainl-Germain-l’Auxerrois et le Louvre,comme deux témoins du courage de tous, gardèrent au front de largescicatrices où les halles avaient gravé le souvenir du combat.
Enlin, en I8ôl, à l’occasion d’un service funèbre célébré en mémoirede la mort du duc de Berry, la foule se rua au presbytère et puis à l'é-glise même de Saint-Germaiii-l'Aiixerrois, elle y commit de sacrilègesdévastations; les statues de Ghilperic, de sa femme Ulthrogothe, plu-sieurs autres statues qui ornaient le portail, les sculptures intérieures etles tombeaux furent affreusement mutilés. Le lendemain, l’église étaitfermée; un buste en de Louis-Philippe fut placé dans une niche,
et la noble basilique eut l'honneur d’être métamorphosée en mairie sur-numéraire du quatrième arrondissement.
En 18Ô8, on a entrepris de réparer l’édifice. Cette restauration ne peut