IHJ TEMPLE.
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Bobèche y avait jadis ses tréteaux ; on y trouve encore les figures deCurtius, des ])liénoniènes vivants, des escamoteurs, des géantes, desl>oas, des danseurs de corde et le fameux paillasse Débureau, si aimé deM. Charles Nodier , et dont M. Jules .Tanin n’a pas dédaigné d’être lebiographe; le jardin Turc est enfin le tranquille et frais oasis où le pro-meneur fatigué peut reposer son admiration et se rappeler en buvant labière de mars, les lazzis du paillasse et les tours d’adresse de l’escamo-teur. Hélas ! ce jardin, lieu chéri des rentiers du Marais et des danseusesde la rue Boucherat, a, lui aussi, son jour de funèbre mémoire, jourfatal, dont le souvenir est toujours récent dans le quartier. C’est devantle mur d’enceinte du jardin Turc, en face de ses lanternes chinoises, queFieschi avait placé ses régicides et meurtrières batteries. Le soleil dejuillet éclairait les boulevarts; la garde nationale et la ligne formaientune double baie; toute la population inondait les contre-allées; des jeunesfdles, des jeunes mères, des vieillards, debout sur les bancs du jardin,attendaient le cortège royal... Le roi s’avance, précédé, suivi, entouré,de ses (ils, de ses maréchaux, de ses ministres, de son état-major; c’était
le moment qu'attendait l’assassin. Tout-à-coup l’éclair et le bruit
d’une décharge se font voir et entendre; un maréchal qu’avaient épargnécent combats, tombe mort ; des femmes des enfants, gisent sans vie, etle joyeux anniversaire devient un jour de deuil et de larmes, lin hasardheureux préserva le roi.
Tout passe, ce_ , et le gai boulevart du Temple, sans oublier le
désastre, ne put pas conserver longtemps une physionomie attristée; lejardin reprit ses concerts, et la dernière scène de l’attentat de Fieschieut lieu au Luxembourg .
Il nous reste à parler du faubourg du Temple, que traverse le canalSaint-Martin : c’est le faubourg le moins long de Paris : tandis que lesfaubourgs Saint-Martin, Saint-Denis, Saint-Antoine, du Boule, offrentd’interminables avenues, en trois pas on a franchi le faubourg du Templeet on se trouve au village de Belleville ; ce n’en était pas moins autrefoisun lieu de plaisir, grâce à deux établissements fameux : la Courtille etles Marronniers. Sous la régence, le peuple allait à la Courtille oublier lesédits boursaux de Philippe et les rigueurs administratives de Dubois. Degrands arbres ombrageaient les toits d’ardoise des cabarets, et sous leursréduits mystérieux les groupes s’égaraient et devisaient d’amour. Commel'abus des plaisirs avaient amené la lassitude et le dégoût, les grands sei-gneurs quittaient volontiers Saint-Cloud, et les nuits d’Asnières et duLuxembourg , pourles plaisirs de la Courtille, piquants surtout par leurnou-veauté ; madame de Parabère, madame de Prie y faisaient des conquêtesdont elles avaient soin de ne parler ni au Palais-Hoyal, ni à Versailles ;cependant, comme tout se sait, et quoique le régent fût le moins jaloux