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Tome second.
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ItlE VIVIE.VNE. 117

coquette? cette me <ju'haliitent la jeunesse, la gaîté, l'amuiir? Sur uncimetière.

Le hasard adonné des tombeaux pour fondements a ses maisons toutespleines de frivoles splendeurs. La salle Musard repose sur un tumulus;et quon 11e vienne pas nous dire que nous raillons: cest larchéologiequi parle, et la pauvre savante na point assez desprit pour rien inventer.Elle a fait des fouilles, et sur les lianes dune voie romaine, qui jadisfranchissait les marais voisins de la Seine , elle a trouvé des urnes, destombeaux, des sépulcres, des vases cinéraires, des bas-reliefs et desfragments de marbre avec des inscriptions de deuil. Les vieux Gaulois,nos pères, elles Romains, leurs maîtres, se faisaient ensevelir aux lieux maintenant sélèvent le palais de la Bourse et le théâtre national duVaudeville. Quel chapitre de philosophie nous ferions-dessus si Youngétait notre nom !

Mais parmi ces découvertes, il en esL une qui tient au domaine dufantastique; larchéologie a fait une fois par hasard lécole buissonnièredans le royaume des fées : un ouvrier qui déracinait un arbre dans lejardin dépendant de lancienne Bourse de Paris, entendit sonner le bronzesous les coups de sa pioche; il redouble, et soudain, comme le laboureurde Virgile , il arrache à la terre des armes rouillées et bosselées: cétaientneuf cuirasses de femmes.

A quel peuple damazones ont appartenu ces cuirasses ? quelles guer-rières ont combattu jadis sur les rives de la Seine? cest ce que la sciencena jamais pu déterminer. Ces neuf cuirasses sont des énigmes de bronze.Quelle destinée que celle qui donne des Bradamantes pour aïeules auxmodistes de la rue Vivienne!

Si la rue Vivienne est coquette et fort évaporée, en revanche elle estinfiniment gourmande; cest la capitale du chocolat, de la praline et dupetit gâteau. Marquis, Félix, Bonnet offrent un asile aux jolies femmes,lasses de voir et de se faire voir; si ses chefs-dœuvre de laiguille et du ci-seau arrivent aux Antipodes, disons que la renommée de ce triumviratde la gourmandise française est parvenue jusquaux pôles.

Peu de rues peuvent rivaliser avec la rue Vivienne pour le nombre despassages; sur ses trottoirs souvrent le passage des Panoramas, tousles départements de France fument et flânent; le passage Colbert , la ga-lerie Vivienne et le passage du Perron, le moins brillant, mais le plusutile. Ainsi quune jolie femme, la rue Vivienne se permet tous les ca-prices : 11est-elle pas certaine dètre toujours obéie ? Sil lui prenait fan-taisie davoir des tapis, elle les aurait demain. Le pavage en bois est àpeine essayé, que déjà on lui en a donné quelques mètres; ne lui faut-ilpas les primeurs de toutes les découvertes?

Le nom delà Chaussée-dAntin fait tressaillir toutes les jolies femmes