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Tome second.
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dans les cabinets de l'Europe cette influence (pie donne une grande habi-tude des a ira ires et de l'intrigue, un genre d’esprit qui promet plus qu’ilne tient, un grand air de supériorité qui en fait accroire et qui en impose,un grand aride dissimuler, un sang froid qui le laissera toujours écouteret parler le dernier, beaucoup de finesse, autant de mépris pour leshommes que d'insouciance pour leurs jugements, connaissant surtoutle pouvoir de cette ressource séductrice qui applanit les difficultés,triomphe trop souvent des sentiments, des intérêts que l’on devrait dé-fendre, de l’honneur qu’on méconnaît et de la fidélité qu’on outrage,M. de Talleyrand pouvait rendre de grands services à la France ; il pou-vait rendre indulgents sur le passé des hommes qui aimaient à croire aurepentir, mais qui voulaient la religion, le roi et la légitimité.

M. de Talleyrand avait traversé la révolution , lié intimement avec lesgens de tous les partis ; entouré d’intrigants qui avaient, sa confiance, iln’eut ni la volonté, ni le courage de rompre avec eux pour s'entourer degens fidèles et dévoués : ce fut là son premier tort.

Le pouvoir était son but, et il ne calcula jamais que les moyens de leprendre, ou de le recouvrer, lorsqu’il le perdait. M. de Talleyrand resterale chef de cette école dangereuse qui croit tout justifier par la nécessitéou bien parles résultats qu’elle obtient.

Jamais homme ne sut mieux profiter des circonstances pour se donnerle mérite des événements.

Après avoir servi eu apparence, et surtout, enchaîné la restauration,il l'abandonna,lorsqu'il la vit décidée à secouer son joug; et le trône dejuillet lui a eu, en réalité, des obligations bien plus positives que celuide la branche aînée des Bourbons, à laquelle, suivant moi et par hainesurtout de Napoléon , il fut réellement plus utile en 1815 qu’en 1814.

M. de Talleyrand improvisa souvent de ces mots heureux et spirituelsqu’un silence habituel et une grande nonchalance de paroles lui don-naient le temps de préparer.

Saluons aussi, le plus gracieusement qu’il nous sera possible, ma-dame la duchesse de l)ino, la nièce de M. de Talleyrand .

C’est iui homme vraiment capable ([ue cette femme, aussi remarquablepar son caractère que par ses connaissances.

Son esprit est à la portée des conceptions les plus hautes et des pen-sées les plus profondes. 11 sait tout entendre, tout comprendre, et iln’est pas plus étranger à la politique qu’aux sciences. Madame de Dinoa immensément lu, et elle a tout retenu : elle parle quatre ou cinqlangues. ,

Sans aucune prétention, sa conversation est facile et pleine d’intérêt;elle écrit aussi bien qu elle parle. Bras droit d’un vieillard pour lequelson dévouement fut absolu, elle a su également dissimuler sa propre