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Tome second.
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PLACE SAINT-SULPICE. 145

— Ali ! ali! s'écria Linguet, il n’a donc pas oublié qu'il était maréchalde France?

L’intérieur de Saint-Sulpice est très-beau; l'ensemble de son architec-ture est d’un grand et noble effet : la chapelle de la Vierge, remarquableentre toutes les autres, est précieuse par l’exécution de la statue et desgroupes qui l’accompagnent, par son magnifique dôme et la manière in-génieuse dont elle est éclairée. La république de Venise fit présent àFrançois I er , qui les donna à cette église , des deux énormes coquilles siremarquables par leur pureté et leur forme , attachés en guise de béni-tiers aux pilastres des deux entrées principales. La chaire est une mer-veille de hardiesse et d’élégance ; l’orgue, construit par Cliquot, est undes meilleurs de Paris . Sous le Directoire exécutif, les théophilantropestinrent leurs séances à Saint-Sulpice, sous la présidence de La Réveillèrc-Lépaux,leur grand pontife. Napoléon , lors de son avènement, leur défen-dit de se réunir dans les lieux publics, mais il se garda bien de lesmolester autrement, car il n’eùt manqué qu’une persécution à la gloirede cette religion naissante, pour accroître le nombre et l’enthousiasme deses sectateurs. Le mépris froid avec lequel on les traita, les anéantit toutd’un coup.

Le séminaire de Saint-Sulpice, dont les bâtiments contrariaient la prin-cipale façade de l’église, fut démoli en 1802. Dix-huit ans pins tard, leministre de l’intérieur posait la première pierre du nouveau séminaire,élevé aujourd’hui au sud de la place et qui contribuera beaucoup à sadécoration, dès que la fontaine qu’on y construit en ce moment, seraterminée.

Sous cette vaste plaine du faubonrg Saint-Germain que couvrent Saint-Sulpice, les rues de Vaugirard , Saint-Jacques et la Harpe, l’Odéon, lePanthéon, le Val-dc-Grâce, l’Observatoire et bien avant jusqu’à Mont-Iiouge, sont d’immenses carrières composant une nouvelle ville, dont lesrues souterraines et même les numéros de maisons correspondent auxrues et aux maisons supérieures de Paris . Les débris de 80,000,000 d’in-dividus sont enfouis dans cette immense nécropole. C’est à M. Lenoir,lieutenant-général de police, qu’on attribue la première idée de déposerdans ces carrières, les ossements accumulés depuis un temps immémorialdans le cimetière des Innocents, dont le Conseil-d’Etat , par son arrêt du9 novembre 1785, prononça la suppression. Un an après, l'ingénieurGuillaumot commença les travaux des cryptes parisiennes.

L’usage d’inhumer les morts fut commun à tous les peuples; il s’estreligieusement transmisde siècles en siècles jusques aux nôtres,etc’est àl’origine de cette coutume que remonte l’établissement des Catacombes.

11 est impossible de préciser à quelle époque les carrières des environsde Lutèce furent mises en exploitation. C’est par tranchées ouvertes dans

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