mit voir paraître, au milieu des ruines, l’omlire de l'ancien ministre delMiili|>])e-le-Iiel. Ces frayeurs, ces rêveries, ces préjugés des espritsfaibles, donnèrent de la mémoire au peuple qui avait estimé Enguerrand de Marigny : il se souvint des vengeances royales.
Après le drame et l’écliafaud, la comédie et le bal ; nous allons danser,si c'est possible, sur le gibet de Montfaucon. Voulez-vous assister auxlèles brillantes qui furent données dans les jardins d’Alençon ? que votrefantaisie soit faite : voilà des écuyers, des pages qui portent des bassinsen or, en argent ou en vermeil; voilà de bien riches étoiles qui llotlentaux branches des arbres, ou qui servent de tapis aux boudoirs en pleinvent que l’on a imaginés sur les terrasses; vous plaît-il de boire et devous enivrer, an besoin, à une coupe enchantée? allons, tendez votreverre de cristal à la main charmante d’IIébé; moi, je vais deman-der un peu de nectar à Canymède. — Le nectar s'appelait hypocras ouervoisie.
Cet homme, ce gentilhomme qui prend une si bonne part de tous lesjeux, de tous les plaisirs, de tous les excès de la fête, c’est .(eau 11, ducd’Alençon , lils de Jean 1", tué à la bataille d’Azincourl; il est riche, fas-tueux, magnifique; nul ne saurait le surpasser quand il s’agit de luxe,de prodigalité, de foiie; mais, pour Dieu ! n'allez pas voir, dans ceprince, un gentilhomme qui n’aime que le faste, la paresse et le plai-sir!.. Certes, il adore les femmes, et il les trompe toujours; maisla patrie, la France a été sa première maîtresse, et vraiment, ia mainsur son cœur, il ne l’a jamais trahie. Prisonnier à la bataille de Ver-neuil, il a refusé de redevenir libre pour 11 e poinL avoir le déshonneur
de remercier des Anglais ! A'ous ii'êtes peut-être pas de mon avis.moi,
je vous assure que les princes ont. quelquefois du bon.
Trente ans s’écoulent vite, au milieu des lèles et des plaisirs; en I VS 7.vous retrouvez à l’hôtel d'Alençon le même bruit, la même richesse, lesmêmes excès ; seulement, la ligure du maître est un peu triste; il 11 e s’a-muse plus qu’à obéir à un vœu de sa conscience, qui 11 e lui permet pasde trop s’ennuyer; aussi bien, voici le commencement de sa lin.
Assisté du prévôt de Paris et d’une troupe de hallebardiers, le comtede Dunois vint un jour, en 1458, arrêter an nom du roi le duc d’Alençon ,qui, après avoir rendu son épée, fut conduit à Vendôme . Un arrêt de lacour des pairs condamna Jean 11 à la peine capitale pour crime de hautetrahison.
Ilassurez-vous : l’arrêt ne fut pas exécuté; Charles VU laissa la vie àl’illustre condamné, en commuant la peine en une prison perpétuelle.Le duc fut conduit au château de Loche , d’où il ne sortit, qu'à l’avéne-ment.de Louis XL Esprit inquiet et turbulent, Jean 11 conspira de nou-veau pour Cliarles-le-Téméraire : nouvel arrêt de mort; nouvelle grâce