DIS LA MO N N A 1 E.
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sons historiques de lu grande ville. Un recueil d’anecdôles, nn livre précienx et lout-à-làit ignore , que je me [liais à relire, lions parle de la lé-gèreté de Gabrielle, quand elle se Taisait poursuivre par Henri IV dansles jardins de 1’hôlel du Petit-Bourbon; le vieux conteur s'extasie sur lespetits pas, sur les petits sauts, sur les petits bonds de cette nouvelle Gala-tliée, et l'on est tenté de dire, en la voyant courir, ce que le poète a ditde l'oiseau :
lît môme quand il marche, on sent qu’il a des ailes.
O Brantôme ! Brantôme ! qu’il y a loin de mon recueil d’anecdotes àvotre livre des Femmes Galantes ! Quoi! vous perdez votre temps, votrehonnêteté et votre esprit à recueillir des contes horribles sur ma pauvreet adorable Gabrielle! 11 vous sied de vous Taire le triste écho d une courjalouse et dissolue ! Ajoutez donc Toi, misérable Brantôme, aux accusa-tions de Sully, qui baissait Gabrielle; allez, allez toujours, écoutez auxportes de nos ennemis intimes ; ramassez les balayures des appartementsdu palais, et dites aussi que nous avons empoisonné d’Alibour, le méde-cin du roi!
z-moi, Brantôme : si vous reparaissiez dans ce monde, pour yinventer de nouvelles galanteries, comme vous seriez étonné, Tâché, fu-rieux, d'entendre le nom de Gabrielle chanté par le peuple, qui daignel’associer au nom et presqu’à la gloire de Henri IV ! Vous reviendriez ala charge, n’est-ce pas ? vous répéteriez vos contes d'autrelbis, et il voussouviendrait encore du médecin empoisonné par Gabrielle ! U monsieurde Brantôme! vous avez donc été bien malheureux avec les femmes? Onne se décide à les haïr toutes que parce qu’on n'a pas réussi à se faireaimer d’une d’elles.
En 1591), Gabrielle demeurait dans l’hôtel du Petit Bourbon ; elle s’ytrouvait à merveille : sa tante, madame de Sourdis, et Henri IV , sonamant, étaient ses plus proches voisins. Le 8 mai, dans l’après-midi, Ga-brielle descendit dans les jardins de Zamet, pour y rêver tout éveillee, enretrouvant à chaque pas des souvenirs dans des feuilles mortes, des espé-rances dans des fleurs qui ne devaient s’épanouir que le lendemain.—Vous savez la fin de cette histoire : Gabrielle voulut goûter à uneorange, et soudain la pauvre reine sans couronne se laissa tomberen criant, en sanglotlant, et dans des convulsions horribles; les méde-cins ne se tirent pas attendre, mais la médecine n’avait plus rien à faire:Gabrielle était morte !
Brantôme, voilà un poison bien plus réel que celui qui a lue le méde-cin d’Alibour !
Entre nous, Henri IV avait un grand defaut : son coeur n'avail pasde mémoire; il pleura sans doute Gabrielle, mais il l'oublia tout de
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