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consulat et de l’empire ; en attendant les concerts en plein vent du pa-villon de l'Horloge , les illuminations de tous les règnes, de tous les partis,de toutes les couleurs; en attendant que les dames portent la cocardetricolore à leur bonnet, et que l'on danse la Carmagnole sur la terrassedu château, où, vingt ans plus tard, on doit danser en rond, au retourde Louis XV111; en attendant que .Napoléon fasse construire un petitsouterrain conduisant du palais à la terrasse du bord de l’eau, pour mé-nager à Marie-Louise une promenade isolée, pendant sa grossesse, sor-tons du jardin des Tuileries , par le Pont-Tournant de 1717, mécanismeimaginé par un frère Augustin, Nicolas-Bourgeois, pour laisser la nuitle fossé à découvert, et dirigeons-nous vers les Champs-Elysées .
Une seule observation avant d'aller plus loin : il est à remarquer quele plus beau jardin public d’Athènes , le Céramique, s’appelait aussi lesTuileries , parce qu'il avait également été planté sur un endroit où l’onfaisait de la tuile («/«/«-, tuile ; *•>;, tuileries.) Pardon de l’érudition ;
il ne faut pas m’en vouloir ; c’est Saint-Foix qui dit cela , et mainte-nant, allons.
Car il faut continuer mon chemin, aller toujours, sans savoir si j'ar-riverai jusqu’au bout. Je suis le juif-errant des promenades, l’Ahasvérus des jardins publics, et ce n’est qu’en l’an de grâce 1845 qu’il me serapermis de me reposer. Oh! alors je dépenserai de grand cœur mes cinqsols avec, les receveuses de chaises des Tuileries ou du boulevart desItaliens; car, en ce temps-là, je vous le dis, ces dames ne s’appellerontplus loueuses de chaises, mais bien receveuses de chaises.
Pour le quart-d'heure, il s’agit d’arpenter les Champs-Elysées , plantesen H>70 par ce même Louis XIV et dessinés par ce même Lenùtre; lesChamps-Elysées , la vraie promenade du Parisien; ce cours du peuple,qui est venu se placer là à côté du Cours-la-Heine; ce rendez-vous duriche et du pauvre, du noble et de l’artisan, de la grisette et de la grandedame, avec la seule différence que les uns marchent en voiture et que lesautres se promènent à pied; les Champs-Elysées , témoins de tontes nosfêtes populaires, où il a poussé autant de mâts de Cocagne dans lescarrés que d'arbres dans les quinconces; où il s’est allumé plus de lam-pions qu’il n’y a d’étoiles au ciel; où il a jailli plus de vin dans les dis-tributions officielles de comestibles qu’il ne coulera d’eau des fontainesdorées qui les arrosent aujourd’hui; les Champs-Elysées , ce parc, cetteavenue, ce hameau, ce bazar, qui, ainsi que le Palais-ltoyal, n’ont pasleur pareil sur la surface du globe civilisé, et que les Anglais nous ontenvié et nous envieront toujours, en dépit de Saint-James-Parc, de Hvde-Parc, de Kegent-Parc et de tous leurs autres parcs !
Là, point de clôtures, point de fossés, de bastions: une seule grille,celle de la barrière; une seule porte, l’Arc-de-T ’ . Là, point de