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— 1.'execution a lien à une heure, s'écria Philippe limant. —Et il estmidi, répondit Enstache Heautreillis ; nous n'avons pas de temps àperdre. Camarades, à Montfancon !
— A Montfancon, s'écrièrent tous les écoliers en se précipitant horsde la taverne. »
Chemin faisant, cette troupe indiciplinée se grossit d une armée entièrede clercs qui, à la nouvelle du soulèvement, sortaient en foule des col-lèges innombrables des quartiers Saint-Benoît et Saint-André-des-Arts.Toutefois ce ne fut pas sans peine que les écoliers purent pénétrer jus-qu’au lieu du supplice. Dès le matin les archers de la prévôté, les ser-gents du Châtelet et les troupes royales s’étaient emparés de toutes lesissues, et plus d’un horion fut donné et reçu avant que les soldats, refoulésde toutes parts vers l’éminence sur laquelle se dressait le gibet, se fus-sent décidés à abandonner leur position et à se replier en cordon serréau tour des fourches patibulaires.
Après ce premier succès, un hourra formidable s’élança du milieu desassaillants; mais, cette démonstration accomplie, il s’établit partout unsilence de mort mille fois plus menaçant que le tumulte : l’émeute atten-dait.
Tout-à-coup un son lugubre vibra dans les airs; des tintements sourdset monotones se succédaient lentement : c’était le glas des agonisantsqui annonçait l’heure du supplice ; un immense frisson parcourut la foule,et toutes les mains se dérobèrent à la fois sous les capes et les man-teaux pour serrer la garde d'une épée ou la poignée d'un lourd mailletde fer.
Bientôt un murmure mêlé de cris se lit entendre du côté du faubourgSaint-Martin, et un appareil formidable de cavalerie et d'arbalétriers dé-boucha sur le plateau de Montfancon. Enstache Heautreillis, qui n’avaitpas cessé de parcourir les groupes en excitant le courage des uns et encalmant la fougue des autres, s’élança sur une pierre et fixa ardemmentles yeux sur une charrette entourée d’un triple rang de soldats. Tout-à-coup il pâlit.
« Malédiction! s’écria-t-il, tout est perdu ! »
Tous les regards suivirent la direction des siens : Dumoussel et Bour-geois étaient bâillonnés.
Cet incident pouvait avoir les suites les plus funestes. En effet, quidonnerait le signal? Quelle voix imprimerait une impulsion universelleet instantanée à cette foule, dont l’ensemble seul pouvait faire la puis-sance? Déjà l’on se regardait avec inquiétude; les plus timides ne sevoyaient pas sans une certaine terreur en face de celte lourde cavaleriedeBrissac, qui avait pris part à tant de combats dans la guerre des Anglais .
Beautreillis seul, le premier moment de surprise passé, ne laissait