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Tome second.
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IM.ACE DES VICTOIRES. 271)

11 faut avouer que nos pères étaient par trop accessibles à l'épi-gramme.

Cette démolition des lanternes fut le premier coup révolutionnaireporté à la mémoire de Louis XIV .

Dix ans plus tard , la grille qui entourait le monument partagea lamauvaise fortune des lanternes et fut arrachée d’après un nouvel arrêt duconseil.

Et il y a des gens qui prétendent que la révolution française a com-mencé en 81) !

Mais poursuivons l’histoire de la grandeur et de la décadence du mo-nument du duc de La Feuillade.

En 1790, à cet époque d’émancipation où l’on ne prononçait plus qu’unseul mot du dictionnaire, le mot liberté, la municipalité de Paris nejugea pas convenable de laisser les quatre esclaves de bronze dans leurposture humiliante ; elle voulut qu’ils fussent libres comme tout le monde,et elle les fit enlever pour les envoyer respirer à pleine poitrine dansla cour du Louvre.— Franchement, la municipalité leur devait biencela.

Enfin, en septembre 1792,1a statue du grand roi alla rejoindre leslanternes, la grille et les quatre esclaves!.. Elle tomba sous les coups desdémolisseurs.

Si le distique gascon n’eùt pas renversé les quatre lanternes soixanteannées auparavant, les hommes qui traînaient l’image de Louis XIV dansle ruisseau les eussent certainement laissées debout; on avait le plusprofond respect pour les lanternes depuis qu’elles étaient devenues fonc-tionnaires publics.

Louis XIV destitué, il fallait mettre quelqu'un ou quelque chose à saplace. La république, qui n’aimait pas les personnalités, se décida pourla chose. Elle substitua au royal monument du duc de La Feuillade unepyramide en bois, portant sur ses faces les noms des départements etdes citoyens morts dans la journée du 10 août. A dater de ce jour, laplace enrichit son nom d’un adjectif; elle s’appela Place des Victoires na-tionales.— La pyramide commémorative ne jouit pas longtemps de sontriomphe; Bonaparte la traita de barraque, etenlit cadeau à un corps-de-garde, qui se chauffa tranquillement avec le monument républicain.

En 1800, le premier consul posa sur la place des Victoires la premièrepierre d’un nouveau monument, qui devait être consacré ci la mémoire deDesaix et de Kléber, morts le même jour, l’un tué à la bataille de Marengo,l’autre assassiné en Egypte après la bataille d'IIéliopolis.

Mais ce monument ne fut pas exécuté ; on figura seulement le modèleen charpente. C’était un temple égyptien contenant sur des cippes lesbustes des deux généraux. Après quoi l’on abattit le tout un beau matin