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PLACE DES VICTOIRES.
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de l'équilibre, il se penchait pour effleurer de ses deux lèvres les épaulesde sa souveraine lorsque celle-ci , évitant cette attaque amoureuse, se re-tira tout au fond de l'appartement en laissant le malheureux chevalier àgenoux vis-à-vis du sofa, comme un tidèle en face d’une niche veuve deson saint...
« Mais, madame, dit Sehrauh désappointé, qui venait de reprendre laposition perpendiculaire, pourquoi diantre m'avez-vous donc fait venirici ? »
Madame de La Vrillière s’était ée en riant de l’air déconte-
nancé de sa victime.
« Pour vous parler d’affaires, mon beau chevalier, répondit-elle.
— Ah! ditSchrauh en chiffonnant son jabot d’une main convulsive, s’ilen est ainsi qu’on me ramène aux carrières.... de Trianon.
— Ecoutez, lui dit la jeune femme, qui venait de reprendre place surle sofa, ne me faites pas la moue ainsi, cela va mal à un amoureux!...
— A un amoureux, répéta Sehraub...
— Vous voudriez peut-être me faire accroire que vous ne m’aimezpas ?
— Mais.... répondit Sehrauh avec une suspension qu’il s'efforcait derendre impertinente.
— Ilali! chevalier, dit madame de La Vrillière avec le plus adorablesourire, vos yeux ont parlé pour vous.
— Alors, madame, ce sont des peudards et des traîtres qui ont dé-voilé un secret que je n’avais confié qu’à eux seuls... »
Et en parlant ainsi Sehrauh baisait la main de madame de La Vrillière.
« Oui, continua la jeune femme sans retirer sa main et en regardantautour d’elle d’un air indifférent, il faut que vous me rendiez un service ?
— Parlez, madame.
— Vous êtes tout-puissant auprès du cardinal? »
Décidément pensa Sehraub, ceci rentre dans la politique; et cette foisil imprimait ses lèvres sur la peau satinée de la jeune femme.
« Vous pourriez bien, poursuivit-elle sans faire semblant de s’aper-cevoir des galanteries risquées de l’agent de la Grande-Bretagne, lui diredeux mots ce soir en faveur de M. de La Vrillière.
—Comment! quatre, si vous voulez , répondit Sehraub qui s'était assissur le sofa à côté de la jeune femme.
— Il y a longtemps que mon mari attend sa nomination de duc etpair.
— C’est trop juste... aussi je vous donne ma parole d’honneur qu’ilsera nommé avant trois jours.
— Vous me le promettez?
—Je vous le jure ! » Et leurs lèvres n’étaient plus séparées que par