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Tome second.
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PLACE DES VICTOIRES. 285

l'épaisseur d’un baiser lorsque madame de La Vrilliérc, le repoussanttout doucement :

« Tout beau chevalier, vous allez trop vile!.. Exécutez-vous à votretour; pour moi, je suis en règle, j’ai donné mes arrhes...

— Tigresse!» reprit Scliraub, qui devenait plus entreprenant.

Mais la jeune femme fit un bond de panthère, et, se suspendant à uncordon de sonnette...

«Si vous faites un pas de plus, j’appelle mes gens,» dit-elle.

A la vue de ce cordon, Scliraub demeura ébahi.

« Et comme vous êtes un galant homme, ajouta madame de La Vrilliércd’un ton plus doux, je compte sur votre promesse...

—Allons, reprit Scliaub qui semblait prendre son parti, je suis battu.

Quelle boute!. Dans un pareil combat ceux de ma nation ne font

pourtant ni quartier ni merci!.... Mais enfin puisqu’il le faut.... absolu-ment.

— C’est une revanche à prendre, dit en riant la jeune femme qui nevoulait pas désespérer son galant protecteur.

— Elle est [irise, s’écria celui-ci ! « Et se saisissant d'une paire de petitsciseaux en nacre, qu’il venait d'apercevoir au fond d’une chiffonnière, illeva le bras et coupa le cordon de la sonnette.

— Que prétendez-vous faire, dit madame de La Vrilliérc effrayée?

— Madame, je vous l’ai dit : ceux de ma nation n’accordent jamais ni

quartier ni merci. .

Le lendemain à la cour il ne fut bruitque de l'aventure de Scliraub etde madame de La Vrilliérc. que l’on appela la duchesse au cordon, lecordon ducal et le grand cordon du Saint-Esprit.

Il paraît que ce drôle de Scliraub ne tint pas ses promesses, ou que saprotection fut impuissante, car M. de La Vrilliérc ne fut nommé duc etpair que beaucoup plus tard, sous le règne de Louis XV de galantemémoire.

Louis le Bien-aimé et le mal-aimant avait probablement connu l’his-toire du cordon, et il trouvait que madame de La Yrilliére avait biengagné son titre de duchesse.

Cet hôtel de La Vrillière fut vendu en 1705 à M. Rouillé, maître des re-quêtes, moyennant 450,000 livres. Il passa depuis, en 1715, aux mainsdu comte de Toulouse , et fut habité, quelque temps avant la révolution,par le vertueux duc de Penthièvrc. '

Le bucolique capitaine de dragons, M. le chevalier de Florian, de l'Aca-démie française , qui appartenait, comme chacun sait, à la maison de I’en-thièvre, occupa dans cet. hôtel, pendant quelques années, une petitechambre où il composa quelques-unes de ses idylles.

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